La grande débâcle

354

C’est la Bérézina. La grande débâcle. Nous sommes la risée du monde entier.

Louis XIV, Napoléon Bonaparte ou le général de Gaulle doivent s’en retourner dans leur tombe !

Alors que la Chine et les États-Unis ont dépassé les 4 millions de vaccinés,
 qu’Israël avoisine près de 20% des 9 millions d’individus composant sa population également immunisés, et que le Royaume-Uni et la Russie s’approchent du million, en ce mercredi matin où j’écris ces lignes, la France comptabilise
« 516 personnes vaccinées au 1er janvier » selon le ministère de la Santé (seul chiffre officiel disponible à ce jour).

Consentement, logistique, prudence… La campagne française de vaccination
débute lentement. Très lentement. Beaucoup trop lentement.

Est-ce si grave docteur Véran ?

Est-ce si symptomatique de l’effarante inertie de notre système bureaucratique, technocratique, oligarchique ?

Système certes centralisé et formidablement bien verrouillé pour éviter d’être confronté à toute forme de potentiel contre-pouvoir qui viendrait à surgir et compromettre la bonne marche du système étatique jupitérien. Mais système qui s’avère, au final, lamentablement inefficace.

Après l’épisode du manque de masques, qui selon le gouvernement étaient inutiles au printemps dernier (dixit Sibeth Ndiaye), puis sont devenus obligatoires en fin d’été, après le manque de tests, voilà désormais le coup de grâce : le manque de vaccins. Ou plutôt le manque de vaccinations.

Car pas moins de 500 000 doses du premier vaccin autorisé en Europe, celui de Pfizer/BioNTech, sont livrées chaque semaine. Par ailleurs, l’État prévoit de recevoir 500 000 doses par mois du vaccin Moderna.

Ce n’est donc effectivement pas de vaccins qu’il manque … mais d’efficacité, de compétence, de réactivité, de courage, d’exigence, de résultats concrets.

Qu’est-ce qu’on attend pour se guérir, se prémunir, et retrouver notre vie d’avant ?

Voilà pourquoi la France décline. Voilà pourquoi nos usines ferment. Voilà pourquoi nous dégringolons dans presque tous les classements mondiaux. Voilà pourquoi notre société devient décadente et déliquescente : à cause de ces coupables insuffisances.

Car depuis trop longtemps, nous sommes devenus soumis, résignés, impuissants, face à ces rouages administratifs qui nous bloquent, qui se grippent, et contaminent leur inopérance aux publics qu’ils sont censés protéger.

Car aux manettes sévissent de véritables États dans l’État, intouchables, silencieusement sournois, décidant seuls, de ce que doit être notre vérité.

Qu’attend-t-on pour ouvrir comme chez nos voisins européens des « vaccinodromes » ouverts de 8h à 22h, 7 jours sur 7, où chacun peut être reçu et vacciné en moins d’un quart d’heure ?

Ce qui serait possible en seulement quelques heures avec le renfort d’étudiants en médecine, de professionnels de santé retraités, ou encore avec l’appui logistique de notre armée (du moins ce qu’il en reste)…

Tout le monde aura compris que derrière la pitoyable mascarade gesticulatoire du gouvernement se jouent en fait, dans l’ombre des coulisses du pouvoir, les prochaines échéances électorales.

Sur cet ultime volet de la crise sanitaire, Olivier Véran joue sa carrière ministérielle, et face à la crise sociale qui l’attend, Emmanuel Macron joue quant à lui beaucoup plus gros : sa réélection…

Seul problème, comment la population française pourra-t-elle encore accorder sa confiance à des dirigeants aussi inadaptés, médiocres et maladroits, aussi éloignés de nos problématiques ordinaires et quotidiennes ?

Espérons que lorsque le moment sera venu, s’ils en ont le courage et la capacité, les principaux fautifs de cette tragédie politicienne nous rendront (honnêtement) des comptes.

Et surtout, que les électeurs s’en rappelleront lorsque le moment de s’exprimer se présentera à eux…

Cyril Kempfer