La hausse du prix du tabac pourrait causer du tort aux buralistes locaux

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Le prix des cigarettes augmentant, les frontaliers n'hésitent pas à franchir la frontière pour trouver moins cher ailleurs.

Le prix du paquet de cigarettes vient de prendre 50 centimes en début de mois. Une hausse qui en appelle d’autres puisque le projet du Gouvernement est d’amener le prix du paquet à 10€ d’ici fin 2020.

“L’augmentation pour réduire le nombre de fumeurs est une fausse excuse ! J’ai 40 ans et j’ai commencé à fumer à 16 ans. J’ai fumé durant 12 ans et le prix des cigarettes a toujours été en constante augmentation”, fulmine Julie, une ex-fumeuse qui a su s’arrêter pour le bien-être de ses enfants. Une augmentation qui prend des proportions importantes, avec pour ambition de passer le paquet à 10€. “Malheureusement le tabac est une drogue je pense que personne ne prend plaisir a dépenser 200 ou 300€ par mois là-dedans. On est accroc, malade, drogué …” ajoute Éléonore, elle aussi ancienne adepte de la cigarette. “Moi j ai arrêté depuis le 21 octobre et j ai téléchargé l’appli Smokerstop. En 29 jours j ai économisé 336 €, ajoute Ludovic. Je ne pense pas être plus riche à la fin de l année car cet argent, je le mettrai sûrement ailleurs mais à bientôt 10€ le paquet, c est quand même un argument pour arrêter. Mais à mon avis, c est aussi un bon moyen pour l état de remplir les caisses.”
Les avis des fumeurs et ex-fumeurs vont tous dans le même sens : fumer revient cher, rapporterait gros à l’État et les augmentations annoncées ne sont jamais suffisantes pour inciter quiconque à arrêter.

Toutefois, cette augmentation du prix du tabac a une autre conséquence, pour les buralistes locaux celle-là : les clients n’hésitent plus à franchir la frontière pour se fournir en Suisse. C’est surtout vrai pour le tabac à rouler. Le prix serait moitié moindre chez nos voisins. Un fait constaté par certains clients, comme le stipule Didier : “Je paie 27€ les 180 grammes de tabac, contre 15€ les 40 grammes en France. Le calcul est vite fait !”
Une pratique qui pourrait s’intensifier dans les mois à venir, au vu des annonces émanant du gouvernement. Et ce, au détriment des buralistes locaux qui voient filer une clientèle de l’autre côté de la douane.

L’e-cigarette, nouvel eldorado ?
La cigarette électronique a fait une entrée fracassante en France il y a une dizaine d’années. Les vapoteurs se sont tournés vers cet ersatz de cigarettes dans le but de réduire leur consommation de tabac. A l’instar de Laury qui nous explique : “J’en avais assez de payer 7 euros par paquet alors je me suis mise à la vaporette. Mais au final, j’ai fumé à nouveau de vraies cigarettes, qui m’ont rendue malade … Repris la vapoteuse, puis tout cessé ! Franchement, avec l’argent économisé, je préfère aller faire les soldes !”

Le mot de la fin revient à Yves qui incite chacun à prendre ses responsabilités : “Je fumais 2 paquets par jour jusqu’en 1997, des gitanes internationales qui coûtaient, si je me souviens, autour de 18 francs le paquet. Pour répondre à la demande de ma fille qui avait 10 ans à l’époque, j’ai arrêté du jour au lendemain sans manque et n’ai jamais touché une cigarette depuis. Je m’en porte bien mais ce n’est pas le prix ou les taxes qui m’ont fait arrêter. Cette société devient liberticide et ne fait plus la place à la responsabilité individuelle. Il faut que chacun se prenne en main. La responsabilité individuelle est le pendant de la liberté. L’excès est mauvais en tout mais ce n’est pas à l’Etat d’en décider !”