La ministre de la transition écologique et les maisons en paille de chanvre

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Sébastien Vieille, PDG de Vieille Matériaux, a accueilli la ministre de la transition écologique dans son usine de Merey s/s Montrond qui produit les blocs de béton de chanvre. Il était entouré des parlementaires, élus régionaux et départementaux et de Didier Laithier le Maire de Merey s/s Montrond ©YQ

Barbara Pompili était en visite ce lundi 17 mai chez Vieille Matériaux à Merey sous Montrond. Comment concilier écologie, ruralité et performance économique.

Celle qui fut l’attachée parlementaire jusqu’en 2012 de Yves Cochet, l’apôtre de la décroissance dont elle dit “il est mon père en politique” a, depuis, trouvé un autre gourou avec Emmanuel Macron. La transition écologique est la grande affaire de ce siècle et elle passera dans tous les esprits sans être « contraints et forcés » !

Le chanvre pour construire des maisons
La Ministre de la transition écologique découvre la fabrication de blocs de construction en paille de chanvre ©YQ

Le chanvre n’est pas une drogue comme son cousin le cannabis. Il a une teneur quasiment nulle en THC (la molécule connue pour ses effets psychotropes). La France est le premier producteur de chanvre agricole. Avec une production de plus de 83 000 tonnes en 2017, notre pays possède 52% du marché mondial. Utilisé essentiellement pour la qualité de sa paille et de ses graines, le chanvre devient un matériau écologique pour des maisons à haute performance thermique, au confort acoustique renforcé, qui améliore la qualité de l’air intérieur et la régulation hygrométrique.

Détail d’un bloc de chanvre de construction ©YQ

Le groupe Vicat, groupe cimentier familial né dans la région lyonnaise, inventeur il y a 165 ans du ciment artificiel, a créé un partenariat avec Vieille Matériaux, une entreprise familiale ancrée dans son territoire du premier plateau du Doubs. Implanté à Etalans et à Merey sous Montrond, le grossiste et producteur de matériaux de routes et construction a déposé des brevets pour la mise au point de blocs de béton de chanvre bio-sourcé. Ainsi, pour une maison individuelle, les blocs de béton de chanvre sont assemblés sans colle et la construction ne nécessite aucune isolation complémentaire. L’entreprise doubienne travaille avec 120 agriculteurs locaux qui cultivent le chanvre dans un contexte de circuit court. Le chanvre est également un puits de carbone important (réservoir naturel de CO²).

Vieille Matériaux, forte de ses 90 collaborateurs, investit dans les constructions du futur bénéfiques au plan environnemental : une matière première à l’impact écologique réduit, une fabrication sans cuisson et adjuvant chimique, des poids de blocs chanvre plus légers que le béton réduisant les charges à transporter, un matériau 100% recyclable d’une durée de vie supérieure à 100 ans.

Sébastien Vieille, PDG de Vieille Matériaux, a reçu des mains de Barbara Pompili un chèque de 100 000€ au titre du plan de relance dans la transition écologique ©YQ

La visite de Barbara Pompili était également l’occasion pour Vieille Matériaux de recevoir un chèque de 100 000€ de l’Etat au titre du plan de relance pour une démarche EETE (Entreprise Engagée dans la Transition Ecologique). L’aide va permettre à la société d’accélérer ses investissements pour augmenter la production de béton chanvré.

Sébastien Vieille, le PDG de Vieille Matériaux peut donc assurer que cette production est 100% française, des brevets à la production et aux savoir-faire des salariés, et 0% déchets depuis la culture à la mise en œuvre.

Entreprise innovante créée en 1963 par René Vieille, la société Vieille Matériaux a investi dès 1987 dans une unité de production de matériel de construction. C’est donc logiquement  qu’elle s’est orientée, en partenariat avec Vicat, dans les solutions d’éco-construction à base de chanvre. Belle démonstration du mariage de l’innovation et de la ruralité dans cette commune dirigée par Didier Laithier au sein de la communauté de communes « Loue Lison ».

Réparer, recycler : le challenge de Spareka
Barbara Pompili, entourée de l’équipe de Spareka, du Préfet Joël Mathurin, Eric Alauzet Député du Doubs et Blandine Aubert Directrice régionale de l’ADEME BFC ©YQ
La ministre de la transition écologique Barbara Pompili, a remplacé avec succès une résistance sur un lave-linge défectueux sous le regard critique des responsables de la plateforme Spareka ©YQ

La plate-forme de réparation et de recyclage de produits électro-ménagers revendique depuis sa création en 2012 : 900 000 appareils réparés, 42 000 tonnes d’émissions de CO² évitées et plus de 600 millions d’euros économisés pour ses clients. “Avec Spareka, réparer c’est facile” dit le slogan. La plateforme identifie en ligne la panne avec un technicien, propose la pièce détachée à remplacer à l’aide de tutoriels vidéo. La ministre de la transition écologique a donc terminé sa journée en Franche-Comté en découvrant cette entreprise installée pour une journée d’information dans les locaux de l’IUT de Besançon. Barbara Pompili a testé en direct sa capacité à changer la résistance d’un lave-linge : apprentissage réussi !

Cette visite ministérielle a démontré que l’écologie est, ni punitive, ni décroissante. Elle est au contraire un relais d’une croissance économique nouvelle et profitable.

Yves Quemeneur