La mobilité c’est la Vie

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Didier Martin Député de Côte d'Or, Jean-Marie Sermier Député du Jura, Jean-François Longeot Sénateur du Doubs et Rémy Reyberotte Député de Saône-et-Loire entouraient Vincent Martin le Président de la FRTP de Bourgogne Franche-Comté ©YQ

En matière de mobilité, la Fédération Régionale des Travaux Publics avait innové le vendredi 29 janvier. Crise sanitaire oblige, le Président Vincent Martin conviait à des vœux à distance entreprises, élus et partenaires dans un live depuis Besançon…la mobilité réinventée.

Alain Chrétien  Maire de Vesoul, Patrick Genre  Maire de Pontarlier et Président de l’association des maires du Doubs, Jean-Marie Sermier député du Jura, Jean-François Longeot sénateur du Doubs, Rémy Reyberotte député de Saône et Loire et Didier Martin député de Côte d’Or avaient fait le déplacement à Besançon, tous conscients de l’importance des travaux publics dans le développement et la cohésion des territoires. Ils ont, par leur présence, salué la réactivité des entreprises de travaux publics en 2020 dont le rôle essentiel a été mis en exergue pendant le premier confinement.

70% de l’activité des Travaux Publics dépend de la commande publique. A l’inverse, la vie quotidienne des habitants, qu’ils soient urbains ou ruraux dépend aussi à 70% de la capacité des entreprises de TP à leur rendre la vie plus facile, plus confortable, plus mobile.

Jean-Baptiste Djebbarri, un ministre à l’écoute

Le Ministre des Transports du gouvernement Casteix est un « pro » des mobilités. A 39 ans, ce spécialiste de l’aviation civile a bluffé les syndicats de cheminots à son arrivée à l’Hôtel de Roquelaure. VRP du plan de relance gouvernemental, il s’est prêté en visio à un jeu de questions/réponses avec la fédération des travaux publics “L’argent existe. Le plan de relance est opérationnel. Aux collectivités locales et aux entreprises d’investir dans les projets d’infrastructures. C’est le moment” a rassuré le ministre. Rien de bien nouveau toutefois par rapport à ce qu’avait rappelé Jean-Philippe Setbon le 29 octobre dernier devant des entrepreneurs francs-comtois inquiets de l’absence de commandes publiques à la suite des élections municipales. “Les subventions sont en place pour les communes et les EPCI qui doivent engager les travaux pour ce dernier trimestre et le premier trimestre 2021” avait alors affirmé le secrétaire général de la Préfecture du Doubs.

Travaux Publics,  métiers de passion et  ascenseur social

Vincent Martin avait invité Pierre Massy, Président des Ecoles de Travaux Publics d’Egletons (Corrèze) à échanger sur les formations et les nouveaux métiers des TP. Ces métiers de passion sont aussi de formidables ascenseurs sociaux pour les futures générations. “Former, construire, innover” : la devise de l’école d’Egletons s’applique aussi à l’Ecole des Travaux Publics de Bourgogne Franche-Comté qui forme chaque année près de 400 jeunes depuis le CAP aux formations Bac+3.

La route visible
Jean-Marie Sermier Député du Jura et Patrick Genre Maire de Pontarlier et Président des Maires du Doubs échangent avec Vincent Martin, le Président de la FRTP BFC ©YQ

Il n’y avait pas débat entre les quatre parlementaires en direct sur la chaîne TV de la FRTP. A l’image de Bruno Cavagné Président de la Fédération nationale des TP, tous sont convaincus que la transition écologique passe “aussi” par le développement des grandes infrastructures routières. Que signifierait une RCEA à 2×2 voies si les automobilistes et transporteurs étaient bloqués au pied du premier plateau du Jura, enclavant ainsi le Haut-Jura ? Que signifierait l’inscription des savoir-faire horlogers de l’arc jurassien au patrimoine mondial si les habitants et entreprises de chaque côté de la frontière restaient bloqués dans la traversée de Pontarlier ou celle de Besançon, transférant les flux économiques vers Bâle ou Genève ? A quoi servirait un aéroport régional (Dole-Tavaux) privé d’avions et de capacité d’accès pour des raisons idéologiques alors que la richesse technologique de la région peut attirer des entreprises du monde entier ?

Et je ne parle pas des quelques 10 000 kilomètres de routes du département du Doubs qui irriguent les 573 communes du territoire. 6 000 kms de voies communales, 3 700 kms de routes départementales à entretenir, à améliorer pour rendre la vie des habitants plus facile. On peut bien entendu y ajouter des pistes cyclables…mais le plombier viendra-t-il changer votre chaudière sur le porte-bagages de son vélo (quand bien même serait-il électrique) ?

Frédéric Bonnefoy patron de la société de travaux publics éponyme, met en avant la croissance et la relance verte des entreprises de travaux publics du Doubs ©YQ

En matière de respect de l’environnement, les entreprises de Travaux Publics sont depuis des années à la pointe de l’innovation. Il y a deux ans, l’entreprise Bonnefoy inaugurait à Mérey s/s Montrond une unité de recyclage et de transformation des déchets bois en gaz et en électricité.

Du goudron écolo, ça existe ! Les enrobés à froid issus du recyclage permettent d’économiser les matières premières et de réduire les émissions de GES (gaz à effet de serre) dans la construction des routes. “Quand on parle de la biodiversité, des ressources, l’eau, de l’assainissement, de la fibre optique, nous sommes des acteurs qui permettent de favoriser la transition écologique” rappelait il y a quelques mois Vincent Martin le président régional des Travaux Publics.

Au lieu de s’opposer frontalement à l’amélioration du trafic routier sur la RN 57 (Beure/Amitié et Pontarlier/Jougne) axe essentiel pour l’économie du territoire, les écologistes aux manettes dans la capitale comtoise devraient, au contraire, accompagner les projets d’investissement soucieux du respect de l’environnement. Le sénateur Jean-François Longeot le soulignait dans son intervention du 29 janvier “Raisonne-t-on de façon écologique quand on refuse l’amélioration d’une route que des milliers d’automobiles polluent quotidiennement dans les embouteillages ?”

La route invisible

Nous viendrait-il à l’idée d’imaginer que notre robinet d’eau potable se tarisse brutalement ou abandonner le projet de cuire un œuf sur la gazinière ? Pire encore, que nos indispensables box soient privées de la grand’messe du journal télévisé ou du feuilleton quotidien ?

Pourtant, nous marchons chaque jour sur des millions de kilomètres de tuyaux, de câbles, de fibres optiques alimentant chaque maison, chaque appartement. Cette « route invisible » reste souvent le parent pauvre des investissements communaux. A Besançon, ville écologique donc, on perd quotidiennement 20% d’eau potable, soit 3 millions de m3 d’eau potable par an. Sur la région Bourgogne Franche-Comté, Vincent Martin confirme “C’est une perte financière de 1 million d’euros par jour due à la vétusté du réseau d’eau potable”. Au niveau national, le réseau de distribution d’eau potable est renouvelé tous les…170 ans !

L’explosion de gaz le 12 janvier 2019 rue de Trévise dans le IXème arrondissement de Paris avait fait quatre morts, 66 blessés et des dizaines de millions d’euros de dégâts. La vétusté du réseau parisien était pointé du doigt “Le sous-sol parisien est un gruyère” disait alors Gilles de Bagneux de la Fédération des Canalisateurs. Si les réseaux sont globalement en bon état sur l’ensemble du territoire, il reste que le renouvellement des tuyaux d’acier par du polyéthylène tarde encore de trop, particulièrement en Franche-Comté (on se souvient de la fuite survenue à Corbenay en Haute-Saône en 2013).

La route ferrée

“Fer” de lance des écologistes, l’amélioration du réseau ferroviaire permettrait pourtant le multimodal qui leur est si cher. Les travaux entrepris depuis ces derniers jours sur la ligne des horlogers (Besançon-Le Locle et la Chaux-de-Fonds) vont dans le bon sens. C’est surtout l’adaptation du cadencement aux besoins de la population qui pourrait permettre aux habitants du Valdahon, de Morteau ou du Locle d’utiliser le train pour rejoindre Besançon et la gare TGV. C’est la création d’un vrai tram-train liant le premier plateau à la capitale comtoise qui compléterait utilement l’indispensable barreau routier entre l’Amitié et Beure à Besançon.

Les projets d’infrastructures routières ou ferroviaires existent. Les fonds sont disponibles dans le cadre du plan de relance gouvernemental. Les entreprises de travaux publics et leurs collaborateurs sont prêts. Passer, pour des raisons idéologiques, à côté des grands travaux qui assureront l’essor économique et démographique de notre région, serait suicidaire pour la Franche-Comté et particulièrement le Doubs. Les responsables politiques en porteraient l’entière responsabilité.

Yves Quemeneur