La musique classique, creuset d’émotions

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concours chefs d'orchestre Besançon CHu UFC
Le concours des jeunes chefs d'orchestre sert de cadre à une étude scientifique sur les émotions - Crédit photo CHU, Yves Petit

Le 72ème festival international de musique de Besançon qui se déroule du 6 au 21 septembre est l’un des plus anciens festivals de musique classique en France. Sous son égide, le concours international de jeunes chefs d’orchestre s’impose dans le top des plus importants dans le monde. De nombreux chefs d’orchestre célèbres sont passés par Besançon.

“Pour étudier les émotions, il faut un contexte favorable. Par chance, nous avons la musique.” C’est à partir de ce constat que des chercheurs du CHU de Besançon et de l’Université de Franche-Comté mènent une étude scientifique sur les émotions ressenties par le public et les musiciens à l’occasion de la 56ème édition du concours. Cette étude se déroulera du 16 au 19 septembre.

Pour les chercheurs, le concours permet d’étudier les interactions humaines et notamment les émotions dans une cadre répondant précisément au protocole de recherche. Les candidats du concours des jeunes chefs d’orchestre dirigent un même orchestre qui joue les mêmes œuvres, dans la même salle et devant le même jury.

Vingt jeunes prodiges de la direction d’orchestre s’affronteront en huitièmes de finale. Ils ne seront plus que trois pour la finale. Ce contexte spécifique offre un cadre idéal pour étudier la synchronisation émotionnelle entre les spectateurs. Chaque candidat, dans sa façon de diriger, transmettra des émotions différentes de l’œuvre à interpréter.

Comment l’étude se déroule

L’expérience consiste dans une première étape à évaluer les émotions de tout le public, invité à répondre à la fin de chaque séance à un questionnaire sur leur ressenti à l’écoute de chaque candidat. Lors des quarts et demi-finales, des spectateurs volontaires seront équipés de capteurs sensoriels permettant d’enregistrer leurs émotions en continu : activité cérébrale, variabilité du rythme cardiaque ou encore réactivité de la peau (frissons, poils hérissés ou chair de poule…) Ils disposeront également d’un boîtier tactile pour enregistrer en temps réel leur ressenti subjectif.

L’équipe de chercheurs invite une quinzaine de participants volontaires à chacune des séances de l’après-midi (14h30) et du soir (20h) des mardi 17 et mercredi 18 septembre. Les personnes volontaires doivent être inscrits(tes) aux spectacles des quart et demi-finales, avoir plus de 18 ans et être droitiers (ères). Elles doivent prendre contact à l’Université de Franche-Comté à l’adresse tchabin@edu.univ-fcomte.fr.

Cette étude permettra de mieux comprendre les interactions émotionnelles entre les membres d’un même groupe. L’expérience sera ensuite reproduite dans d’autres contextes et avec d’autres groupes. A terme, les fruits de ces travaux serviront notamment à l’évaluation et l’amélioration de la synchronisation de groupes d’intervention médicaux.

C’est enfin la démonstration du mariage des excellences à Besançon. Celle des chercheurs du CHU et de l’université de Franche-Comté en particulier dans le domaine des neurosciences, celle de l’environnement culturel bisontin. Il est parfois dommage que cette excellence soit plus reconnue à l’étranger que dans notre territoire. Il manque encore du travail de communication pour faire de Besançon une ville qui rayonne.

Yves Quemeneur