La place des femmes dans l’univers des microtechniques

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Joël Mathurin le préfet du Doubs et Mélanie Geoffroy déléguée départementale aux droits des femmes et à l'égalité, avaient choisi le monde des microtechniques pour illustrer le besoin de mixité ©YQ

La journée internationale des droits des femmes à Besançon faisait une place de choix au monde scientifique et technique, secteur où la mixité femmes/hommes est peu répandue…et pourtant !

Ce lundi 8 mars 2021, Joël Mathurin Préfet du Doubs,  Mélanie Geoffroy la déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité et Macha Woronoff Présidente de l’Université de Franche-Comté, ont participé à des échanges entre des classes de 1ère des lycées Claude Nicolas Ledoux de Besançon et Germaine Tillion de Montbéliard et des chercheures, ingénieures et doctorantes de l’ISI FC et de l’ENSMM.

Promouvoir la place des femmes dans les microtechniques

Devrait-on en parler ? L’acquisition de compétences théoriques est-elle féminine ou masculine ? La passion qui anime souvent les ingénieurs et chercheurs est-elle féminine ou masculine ? La curiosité, élément clef des réussites scientifiques, est-elle féminine ou masculine ?

Les élèves des lycées Claude Nicolas Ledoux de Besançon et Germaine Tillion de Montbéliard ont écouté avec attention les explications du directeur de l’ISI FC ©YQ

A l’ISI FC, fleuron de l’Université de Franche-Comté, on forme chaque année une cinquantaine de nouveaux ingénieurs dans le vaste domaine des dispositifs médicaux. Elles, ils sont ingénieurs et à 70% des femmes. La non-mixité est une réalité à l’envers à l’ISI FC. Très majoritairement féminines, 94% des promotions trouvent un emploi dans les deux mois qui suivent leur diplôme.

A contrario, l’ENSMM (l’ancienne et mythique « horlo ») peine à recruter plus de 10% de femmes dans une filière pourtant essentielle aux métiers de demain. Pour l’illustrer concrètement, Pascal Vairac le directeur de l’ENSMM avait demandé à des femmes de présenter leur parcours scientifique.

Focus sur Ausrine Bartasyte
Ausrine Bartasyte est la directrice adjointe du laboratoire FEMTO-ST

Née à Vilnius en 1980, elle est aujourd’hui directrice adjointe du Laboratoire FEMTO-ST, institut de recherche bisontin d’envergure européenne,  associé au CNRS et spécialisé dans les domaines de l’ingénierie et de la physique appliquée. Après des passages de thèses à Oxford et Harvard, et un détour par la Lorraine, la chercheuse de 41 ans ne croit pas à l’inégalité femmes/hommes à condition que chaque individu trouve sa passion, y travaille de manière acharnée, garde la curiosité au cœur de son projet professionnel : une très belle démonstration de la primauté du travail et de la compétence.

Dans son introduction Pascal Vairac avait aussi évoqué Emilie du Châtelet, mathématicienne et physicienne connue pour avoir traduit les Principes Mathématiques de Newton. Elle fut également la compagne de Voltaire. Là encore, travail et compétences priment sur le sexe…même au XVIIIème siècle.

Les femmes mieux formées que les hommes

C’est ce qui ressort des “chiffres clefs de l’égalité 2020”. La part des femmes de 25 à 34 ans diplômées de l’enseignement supérieur est près de 10 points supérieure à celle des hommes et 37% des françaises âgées de 25 à 34 ans ont un diplôme supérieur à Bac+2 en 2018 (elles n’étaient que 25% en 2008). Si 12 entreprises du CAC 40 n’ont aucune femme dans leur instance de direction, cela signifie aussi que 28 des plus grandes entreprises françaises ont des femmes dans leur comité de direction. C’est plutôt positif !

Reste le sexisme à combattre

En 2018, 1 392 000 femmes déclarent avoir subi des injures en raison du sexe. Pire, 30% disent avoir été agressées ou harcelées sexuellement sur leur lieu de travail. L’espace public n’est plus un frein aux comportements sexistes (sifflements, insultes, dragues ou propositions sexuelles). Il y a encore du chemin à faire sans pour autant que cela soit un combat politique. Le respect « de l’autre » est ni de droite, ni de gauche, il est l’éducation et l’élégance que l’on se doit mutuellement.

Yves Quemeneur