La plainte et le renard

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Le renard est au cœur d'une plainte inédite. Crédit photo : Alain Prêtre

C’est un sujet qui passionne les amoureux de la nature en général, et du renard en particulier : la chasse adaptative décidée par le préfet n’est pas du goût du tous, à en croire une plainte inédite déposée dernièrement à Besançon.

Il s’appelle Alain Prête, il est photographe animalier et la décision prise par le préfet ne lui convient pas. “La chasse adaptative, à mon sens, est une grave erreur. J’ai déposé plainte pour destruction d’un animal utile à la nature, à l’agriculture et à la santé publique, à l’encontre de la fédération de chasse du Doubs.” L’objectif d’Alain est simple : durcir le mouvement. “Il est temps de multiplier les actions ! Nous ne sommes pas suffisamment entendus et j’espère que les associations de défense de la nature se lèveront comme un seul homme et réagiront en conséquence.” Les actions auxquelles Alain Prêtre pense restent mystérieuses, pour conserver l’effet de surprise. Il espère néanmoins que l’information soit massivement relayée et que des personnes concernées par la cause animale se joignent au mouvement. Le photographe soulève un autre point :”Il faut également que cessent les techniques barbares qui consistent à traquer et déterrer les renards. Ils sont acculés au fond de leur terrier par les chiens de chasse. Les chasseurs creusent alors des tranchées pour les trouver, les remonte à la surface avant de les massacrer. C’est du sadisme et cela engendre une souffrance animale insupportable ! La loi en France condamne la maltraitance animale mais laisse faire ce genre de pratiques. C’est parfaitement absurde ! Je pense que les chasseurs sèment la souffrance et la terreur dans nos campagnes.” En conclusion, Alain Prêtre, qui vit en Suisse depuis quelques années, évoque l’interdiction de la chasse dans son pays actuel depuis 1974 et la régulation de la faune locale effectuée par les garde-faune. “Nous avons pu assister à un retour massif des oiseaux depuis. On devrait largement s’en inspirer en France !”

La FDSEA temporise

La Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles, par la voix de Guy Scalabrino, explique les enjeux de la chasse adaptative : « C’est une mesure intéressante et qui doit encore se nourrir de nouvelles études. Pour faire simple, il faut bien comprendre le cycle du campagnol. Cet animal vit environ 5 à 6 ans et, pour une raison que personne ne s’explique encore vraiment, répond à des cycles de 6 ans. Le trois premières années de ce cycle, il connaît une population assez faible puis, sa population va croître jusqu’à pulluler. Et c’est dans cette 6e année dite de pullulation que les dégâts sont les plus importants. Parallèlement, la population du renard grandit en fonction des campagnols dont ils se nourrissent, mais avec une année de retard. L’année du déclin du campagnol est donc problématique car le renard est en surpopulation et effectue un report de prédation sur des animaux vraiment utiles, tels que la belette et l’hermine.Cette dernière est le prédateur numéro un des campagnols et est très utile dans nos campagnes. Le fait qu’elle soit chassée par le renard est là encore problématique. Moins de prédateurs pour le campagnol et le cycle repart de plus belle ! L’équilibre est rompu. Et c’est là que la chasse adaptative du renard entre en jeu. Lors de l’année de report de prédation, les renards s’engouffrent dans les exploitations et créent à leur tour de sérieux dégâts. Il faut limiter la population de renards lors de la période critique du déclin du campagnol. L’équilibre à trouver est très délicat mais il est primordial de le trouver. cela nécessitera encore quelques années d’études, que les élus nous demandent afin de mener au mieux cette gestion adaptative. De même, il est nécessaire de préserver le renard en période de basse population du campagnol afin d’essayer de freiner la pullulation. »
Contactée par nos soins, la Fédération de Chasse du Doubs n’a pas souhaité s’exprimer.