La relance verte des Travaux Publics

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L'écopole est le centre franc-comtois de la fédération régionale des Travaux Publics ©YQ

Lundi 27 juillet, Vincent Martin le Président de la Fédération Nationale des Travaux Publics Bourgogne Franche-Comté faisait le point de l’après-Covid pour une profession “qui a démontré pendant le confinement qu’elle était indispensable à l’économie et à la vie de notre pays”.

L’écologie au cœur de l’action des entreprises de travaux publics
Carrefour des collectivités locales 2019
Vincent Martin Président de la Fédération des Travaux Publics de Bourgogne Franche-Comté©YQ

“Les TP font de l’écologie comme Monsieur Jourdain faisait de la prose…mais en le sachant”. En prenant l’exemple du « Bourgeois Gentilhomme » de Molière, le président régional de la fédération des TP entend bien faire comprendre aux décideurs locaux et nationaux et au grand public que les entreprises de travaux publics n’ont pas tout d’un coup découvert les bienfaits du développement durable. “Depuis des années, nous recyclons jusqu’à 50% des matériaux des infrastructures que nous construisons ou rénovons” poursuit Vincent Martin. Qu’il s’agisse des routes, des voies ferrées et fluviales, des ponts ou des canalisations, les infrastructures sont indispensables à la croissance économique. Dans le plan gouvernemental de relance verte, la fédération des Travaux Publics, et particulièrement en Bourgogne Franche-Comté, souhaite que le projet de loi de finances 2021 (PLF 2021) booste l’économie par les infrastructures et les emplois non délocalisables.

Plan d’urgence TP en Bourgogne Franche-Comté

Le budget de l’AFITF (Agence Française des Infrastructures de Transport en France) vient de voir son budget augmenté de 1 Milliard d’Euros (à 3.5 MD€). Pour la région, Vincent Martin espère que cela servira au prolongement en 2×2 voies de la RCEA en Saône-et-Loire, à l’aménagement ferroviaire de la ligne des hirondelles « l’une des plus belles lignes ferroviaires de France » qui relie Dole à Saint-Claude dans le Jura et à la modernisation de la ligne ferroviaire Centre Europe Atlantique.

Dans le plan de relance nationale, l’Etat a augmenté la dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR). Comme certains préfets, Vincent Martin se désole : “Il y a encore trop de communes où les subventions existent mais pas de projets d’infrastructures en face”. La période d’inconnue électorale est en partie responsable. “Il ne faut plus tarder maintenant que les nouveaux exécutifs locaux sont en place”.

Un programme de transformation écologique ambitieux

Les entrepreneurs de travaux publics en Bourgogne Franche-Comté fixent 5 objectifs essentiels :

  1. Développer les infrastructures liées aux mobilités douces (véloroutes, pistes cyclables…). Vincent Martin souligne que les PME en sont spécialistes depuis de nombreuses années. Il souhaite également que soient multipliées les zones de recharges de véhicules électriques et de stations d’hydrogène (anticiper sur les besoins futurs).
  2. Développer et moderniser les réseaux de chaleur en particulier dans les métropoles
  3. Préserver les ressources. En Bourgogne Franche-Comté, c’est 1 million d’euros par jour qui est perdu du fait de la vétusté des réseaux d’assainissement et de distribution d’eau.
  4. Relancer les grands projets comme la branche Est de la ligne à grande vitesse Rhin-Rhône
  5. Enfin accompagner les territoires ruraux dans leur transformation écologique en travaillant étroitement avec élus et préfets sur les investissements locaux
Les travaux publics, c’est 70% de commandes publiques

L’activité portée essentiellement par des PME ancrées dans leur territoire, n’est pas délocalisable et est un gisement d’emplois important. Les commandes publiques représentent 70% de l’activité et 80% sont assurées par les collectivités locales (communes, EPCI, départements). L’Etat n’assure que 8% des engagements et les 12% restant viennent des commandes d’établissements publics comme GRDF ou EDF.

L’état des entreprises de travaux publics depuis la crise sanitaire

Vincent Martin rappelle un mot de son grand-père Roger Martin, fondateur de l’entreprise éponyme “En 1939, nous nous sommes arrêtés quatre ans”. Le petit-fils du fondateur d’un groupe régional qui emploie aujourd’hui  1 600 salariés minimise ainsi l’arrêt de l’économie pendant deux mois. “Nous n’avons pas rattrapé le retard mais de nouvelles opportunités vont s’ouvrir à nous. Nous saurons nous adapter”.

Il reste pour les spécialistes des infrastructures à convaincre certains nouveaux élus que la croissance économique passe aussi par les réseaux numériques performants et que l’évolution des modes de déplacement n’empêche pas de terminer les maillages routiers indispensables comme le tronçon bisontin de la RN57.

Yves Quemeneur