La réponse du berger à la bergère

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RN57 Beure - Amitié
Le nouveau tracé issu des deux concertations - DREAL BFC

Hasard du calendrier ? Quelques jours après l’inscription des savoir-faire horlogers au patrimoine mondial de l’Unesco, et à l’avant-veille d’un conseil communautaire de Grand Besançon Métropole qui pourrait s’annoncer périlleux pour la majorité, Ludovic Fagaut et l’équipe « Besançon Maintenant » veulent mettre le sujet de la RN57 au centre des débats.

“Beure-Micropolis, un aménagement indispensable pour le Grand Besançon”

Ludovic Fagaut s’emporte contre Anne Vignot et ses alliés EELV et Génération.s. “L’aménagement de la RN57 entre Beure et Micropolis, piloté par la DREAL a de sérieux arguments : réduction des embouteillages et donc de la pollution, création d’une voie « modes doux », murs anti-bruits, aménagements spécifiques pour les bus, nouveau système d’assainissement pour préserver les milieux naturels…” Pour Ludovic Fagaut et ses amis, “l’usage de la voiture n’est pas un choix mais une nécessité pour aller travailler”. L’argument porte, sachant que 85,7% des actifs de la capitale comtoise résident à plus de 30’ de leur lieu de travail.

“C’est aussi un enjeu essentiel pour l’attractivité de notre territoire. C’est un axe structurant pour les liaisons entre le Plateau, le Haut-Doubs, la Suisse et Besançon et donc pour des milliers de salariés et de touristes. Sans axe structurant moderne et de qualité, il sera impossible de réindustrialiser le territoire de Grand Besançon” et donc de créer de la croissance, des emplois et de la richesse pense Ludovic Fagaut.

120 millions d’euros : qui paye ?

“Contrairement à ce que laissent entendre EELV et Génération.s, les bisontins ne vont pas payer les 120 millions prévus pour cet aménagement. L’Etat et la Région en financent les 2/3”.

Ludovic Fagaut et les élus de « Besançon Maintenant » concluent leur communiqué de presse “Oui, il faut réaliser cet aménagement. Grand Besançon Métropole ne doit pas devenir un laboratoire de cette écologie punitive voulue par Madame Vignot…”

“Le tout-voiture sera résolu”

Les élus EELV de Grand Besançon s’était déjà prononcé contre l’aménagement de la RN57. Pour les élus écologistes, “d’autres solutions sont possibles comme le report du trafic Poids Lourds vers l’A36, le développement de l’offre de transports publics, l’aménagement ferroviaire à Franois, le covoiturage ou le télétravail, le développement des modes doux…”

Les élus écologistes de Grand Besançon concluent “Il est temps d’engager une réflexion sur nos modes de déplacement, avec une approche globale, la révision du plan de mobilités devraient constituer une première étape…il faut avoir le courage d’abandonner ce projet, coûteux pour la planète et inefficace…”

Les élus Génération.s sur la même ligne qu’EELV

Ils souhaitent le désenclavement de Planoise mais refusent l’aménagement de la RN57. “Nous ne nions pas que la situation actuelle est loin d’être satisfaisante et que des travaux sont nécessaires : sécuriser le secteur au niveau de l’échangeur de Saint-Ferjeux et désenclaver Planoise et ses 20 000 habitants pris en étau entre la route de Dole et la RN57”. Les élus Génération.s emmenés par Kevin Bertagnoli Adjoint à la Maire de Besançon reconnaissent toutefois l’intérêt de la construction d’une passerelle franchissant la route nationale réservée aux bus et aux modes doux. Ils poursuivent,  mettant en garde “à l’atteinte portée à la biodiversité par la bétonisation et la fragmentation des milieux naturel… renforcer l’effet de coupure urbaine. Les quartiers populaires sont touchés de manière disproportionnée par les risques environnementaux. Cette 2×2 voies ne ferait que creuser encore davantage cette injustice sociale”. Reprenant les mêmes alternatives que les élus écologistes, Génération.s “ne veut pas céder aux solutions passéistes, simplistes et court-termistes”.

Ces passes d’armes auxquelles ne participent pas encore les autres partenaires de la majorité (PS et PCF) augurent d’une soirée mouvementée lors du conseil communautaire. Les guerres picrocholines qui animent majorité et opposition ne doivent pas se faire au détriment du développement économique du territoire bisontin, de la création de richesse, d’emploi et de pouvoir d’achat pour les habitants.

Yves Quemeneur