La RN 57, invitée permanente au conseil communautaire de Besançon

La RN 57, invitée permanente au conseil communautaire de Besançon

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Anne Vignot, Présidente de Grand Besançon Métropole, entre Gabriel Baulieu 1er vice-président et Nicolas Bodin, vice-président en charge de l'économie. ©YQ

Ce n’était pas à l’ordre du jour d’une assemblée communautaire comptant le vote de plus de 50 rapports le 7 octobre. Pourtant, le contournement routier de Besançon a fait l’objet de longs échanges, parfois incisifs entre majorité et opposition mais aussi entre les membres de l’exécutif.

Il faut rappeler que la charte de gouvernance de Grand Besançon Métropole oblige la ville centre à partager les vice-présidences avec les maires des communes périphériques…quelles que soient leurs sensibilités politiques.

Au détour de propos liminaires sur le prochain Contrat de Plan Etat-Région (CPER), la Présidente Anne Vignot a évoqué le volet mobilités de ce CPER, précisant à l’Assemblée qu’aucun projet routier n’y était à l’ordre du jour avant 2023. Yves Guyen, Maire d’Ecole-Valentin et vice-président de Grand Besançon en charge des voiries et des infrastructures a dû intervenir pour « recadrer sa patronne ». « Le projet d’aménagement de la RN 57 suit son cours. Nous sommes en attente du retour de la DREAL sur la décision prise en conseil communautaire au mois de juin. J’ai cosigné avec la Présidente un courrier demandant une rencontre avec Christine Bouquin, la présidente du conseil départemental du Doubs et avec Marie-Guite Dufay, Présidente du conseil régional ». Yves Guyen a poursuivi « nous souhaitons rapidement organiser une table ronde des financeurs sachant que la part de GBM ne dépassera pas 25% ». Le Maire d’Ecole-Valentin a surtout pointé du doigt le manque de volonté politique d’accélérer le projet alors que d’autres collectivités ont pris de l’avance. Il cite le contournement d’Auxerre pour 100 millions d’euros, l’axe Vesoul-Lure pour 150 millions d’euros ou le contournement de Pontarlier évalué à 100 millions. « Il nous reste à réaliser 3800 mètres de rocade pour terminer le contournement de Besançon commencé en 2000 dont le coût est évalué à 120 millions d’euros ».

Ludovic Fagaut demande à la présidente de Grand Besançon Métropole de « mettre toute l’énergie nécessaire pour faire aboutir un projet structurant pour l’agglomération et tout le département ».

Opposée de longue date à ces travaux d’aménagement entre Micropolis et Beure, Anne Vignot va-t-elle respecter la décision des élus de Grand Besançon Métropole votée en juin dernier ou bien faire traîner le dossier au risque que l’argent public manque définitivement pour la réalisation de cet aménagement ?

En matière d’aménagement ferroviaire, Anne Vignot a également évoqué la modernisation de la ligne des Horlogers, s’inquiétant du manque de financement de matériels nouveaux pour améliorer les cadencements entre Besançon et Le Locle. « Est-il normal que le premier train à destination du Locle en Suisse n’y arrive qu’à l’heure de l’apéritif » ?

En préambule à cette assemblée, Anne Vignot avait convié Bertrand Kaufmann le directeur régional de l’INSEE, à présenter des éléments statistiques relatifs à Besançon. Elément notable dans sa présentation, l’évolution de la pyramide des âges à l’horizon 2050 : « Les 80 ans et plus vont être beaucoup plus nombreux en 2050 qu’aujourd’hui ». Si la population globale de GBM augmente de 6% sur ces 30 prochaines années, elle augmente de plus de 90% pour les personnes âgées de plus de 80 ans, passant de 11 000 à 21 000 (cette tranche d’âge représentera 10% de la population). La tranche d’âge 65-79 ans va, quant à elle, augmenter de 13,5%. Ces éléments sont particulièrement importants à prendre en compte dans les besoins en termes d’emplois (aides et soins à domicile…) comme d’infrastructures : les équipements routiers et ferroviaires sont aussi essentiels que les voies cyclables si l’on prend en compte le vieillissement de la population !

Yves Quemeneur