L’agriculture biologique gagne du terrain

Pour produire en agriculture biologique, les principes sont simples. Ils ont été définis à l’échelle européenne et proscrivent l’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques, prônent l’interdiction des OGM, la valorisation des cycles naturels.

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Près de 10% de la surface agricole en France est déjà en bio. Ou seulement...

Depuis plusieurs années, la production bio a connu une dynamique de croissance ininterrompue et même de plus en plus soutenue. Aujourd’hui, le seuil symbolique des 50 000 exploitants agricoles a été dépassé sur le territoire français avec déjà près de 55 000 en 2020, ce qui certes ne représente que 12 % des agriculteurs français mais avec une augmentation à deux chiffres d’année en année.

Près de 9,5 % de la de surface agricole utile (SAU) française est désormais exploitée en agriculture biologique ce qui représente 2,5 millions d’hectares. En la matière, la France se place à la première place au niveau européen devant l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne. Dans l’ensemble, la bio représente plus de 200 000 professionnels et continue d’être une activité particulièrement créatrice d’emplois.

Cette croissance régulière et solide fait de l’agriculture biologique (AB) un secteur incontournable du développement économique de la filière agroalimentaire et, par extension, de la souveraineté alimentaire de la France.

Une tendance durable

Ces derniers mois, avec les confinements successifs poussant les français à devenir plus casaniers, les habitudes ont été complétement bouleversées. Dans les foyers, les préoccupations se sont renforcées sur les questions relatives à la santé et à l’environnement. La qualité de l’alimentation et des produits est particulièrement au cœur de leurs attentes.

Une tendance s’est même imposée, sans doute plus par besoin de s’occuper que par conviction au départ, celle de la consommation du fait maison. Une autre façon de se nourrir avec des aliments sains et durables, ce qui a engendré un engouement pour les produits issus de circuits courts, de productions locales et respectant le cycle des saisons. Dans ce contexte, le marché du bio a enregistré une croissance sans précédent au cours de l’année passée. La consommation de produits issus de l’agriculture biologique représente ainsi en 2020 près de 13 milliards d’euros d’achats. Cette part a tout simplement doublé en cinq ans. La progression des ventes est visible dans les différents circuits de distribution. Même si la distribution généraliste domine toujours avec plus de 50 % des parts de marché mais les magasins bio, de plus en plus implantés dans les centres urbains et villes moyennes, ont connu une année favorable et représentent désormais 28,5 % des parts de marché.

 

En route vers l’agroécologie

Au-delà de la réponse apportée aux préoccupations des consommateurs, l’agriculture biologique est aussi de fait le fer de lance de la transition du système agroalimentaire vers l’agroécologie. La France est donc particulièrement engagée dans la construction d’une pratique cohérente et exigeante, à l’échelle nationale comme à l’échelle européenne.

Au niveau communautaire en effet, le « Pacte vert pour l’Europe » fixe un objectif ambitieux de 25 % de surfaces en agriculture biologique à atteindre en 2030 (pour rappel la France est à 9,5%). Un plan d’action européen a été publié et constitue un signal fort pour le secteur avec des conversions d’exploitations qui vont donc se poursuivre et autre point à souligner, une prise en compte de l’environnement beaucoup plus importante aujourd’hui pour ceux qui restent en agriculture dite conventionnelle.

 

ZOOM sur la Bourgogne-Franche-Comté

La région enregistre en 2020 un nouveau record avec 415 conversions ou installations. Les engagements en AB sont en hausse constante depuis 2015 et la région compte désormais 2 976 fermes bio, soit + 11,8 % par rapport à 2019. Les surfaces conduites en AB s’élèvent à 214 884 ha dont 72 232 en conversion, soit une progression de 9,8 % en un an. La polyculture-élevage reste l’activité la plus pratiquée par les paysans bio bourguignons et franc-comtois, l’élevage bovin ayant, historiquement, un poids important dans la région. Néanmoins, en 2020, la filière la plus dynamique est la viticulture avec autant de conversions que les deux années précédentes. Les conversions sont également nombreuses en grandes cultures, les céréaliers représentant 20 % des fermes biologiques de la région.