L’agriculture en mode 2.0

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Les constructeurs préparent la prochaine génération de tracteurs: électriques ou à hydrogène.

Qu’elle est loin l’image que l’on retrouve aujourd’hui encore sur les cartes postales anciennes de toute la famille mobilisée pour faire les foins : les hommes faux à la main, femmes et enfants occupés à créer les andains puis plus tard tous ensemble vont charger une charrette tirée par des chevaux ou des bœufs. C’était avant.

La première guerre mondiale a été le premier grand tournant, un bouleversement même avec une mécanisation venue d’outre-Atlantique et qui se confirmera au fil des décennies. L’exemple des tracteurs est flagrant. Il y a un peu plus d’un siècle, cet outil devenu indispensable sur les exploitations n’avait autrefois pas de cabine. Il a aujourd’hui un véritable cockpit : climatisé, confortable, affublé d’un grand nombre de commandes et boutons en tous genres pour piloter les différents travaux des champs. Mieux, on parle même désormais d’un possible pilotage automatique. Comme dans les avions !

Les agriculteurs d’aujourd’hui sont des professionnels dans leur domaine qu’il s’agisse de l’élevage, de la sylviculture, du maraîchage… Des hommes ou des femmes de leur temps, modernes, avec des outils à la hauteur : ils sont connectés ! Pour surveiller la météo par exemple et connaître les éléments précis, des paramètres d’hygrométrie, de pluviométrie, de vent ou encore bien sûr les températures. Une telle application permet tout simplement de mieux planifier, d’optimiser la gestion d’une exploitation quelle qu’elle soit. Pour la gestion des parcelles notamment, la culture et le travail du sol, ces nouvelles technologies sont un gage de précision et d’un plus grand respect de l’environnement. Les capteurs sur les machines les relient à des satellites et font prendre de la hauteur donc une autre vision de la culture, comme les drones, outils de cartographie appréciés.

Pour l’élevage plus précisément, l’évolution du matériel a permis d’améliorer la performance des cheptels. Il est désormais possible de connaître précisément l’état de santé des ovins et des bovins, d’adapter la gestion du bétail pour augmenter la productivité et parfaire les cycles de reproduction.

L’agriculture est désormais le deuxième marché mondial de la robotique professionnelle. Après les robots de traite, ceux chargés du désherbage vont au-delà de la simple utilité pratique. Certes, ils arrachent l’herbe mais surtout ils évitent l’utilisation de produits phytosanitaires, sans oublier d’envoyer une notification à l’agriculteur quand la tâche est terminée. Efficace et orienté vers une meilleure prise en compte de l’environnement et du développement durable.

 

ENCADRE

Didier Stortz, président du SEDIMA du Doubs (Syndicat des entreprises de distribution de matériel agricole)

« Aujourd’hui tout le matériel agricole évolue grâce aux connexions. Si vous prenez l’exemple d’un tracteur, grâce à cela, l’agriculteur comme le service après-vente peuvent ainsi avoir un suivi plus efficace et être plus réactifs en cas de panne. Cette connectivité est aussi importante en ce qui concerne le guidage GPS qui permet d’optimiser l’épandage, le semi ou le traitement des sols… ou même de laisser le tracteur évoluer sans son conducteur. Toutes ces nouvelles technologies ont les mêmes objectifs : réduire la pénibilité des tâches et réduire la consommation de tous les produits utilisés en agriculture. Pour les tracteurs encore une fois, la nouvelle gamme Valtra par exemple permet d’aller dans ce sens avec un système de combinaison des pompes hydrauliques, qui dès une certaine vitesse désengage le fonctionnement de l’une d’entre elles afin de faire baisser la consommation de carburant. A côté de ça, tout est fait pour réduire la pollution moteur avec notamment l’utilisation de l’Ad-Blue ou les catalyseurs comme pour les véhicules de tourisme afin de réduire les émissions de substances nocives. Des essais sont même réalisés pour construire les moteurs de demain, à hydrogène et électriques ».