L’air d’un con !

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J’en suis convaincu sans risque d’être contredit et je vous le confirme. Voilà ma conclusion sans concession : pour ce qui me concerne, je vous le confesse et vous le dit en confiance : je constate que je suis con. C’est contrariant. C’est consternant… Gare à la contagion : je serais confus que ma confession contribue à contaminer mes contemporains.

Voici en confidence comment j’en ai pris conscience.

Autrefois nous disions : « je ne comprends pas que… ». C’était un aveu de faiblesse. Nous étions contrits et confus. Nous le disions du bout des lèvres, tête basse, œil mi-clos et front plissé, signes d’une interrogation de notre moi profond. Si tant est qu’il le soit. Si l’introspection restait sans réponse nous en tirions les conséquences : il nous fallait nous renseigner, travailler la question, étudier, prendre des avis autorisés, chercher encore. Et nous quittions le débat, la queue entre les jambes, si tant est qu’elle le soit.

Depuis l’essor des réseaux sociaux et des plateaux télé, le ton est différent et le « je ne comprends pas que… » s’éructe désormais sans retenue ni pudeur. Au contraire, l’accent tonique le rend maintenant agressif, haineux, menaçant, immodeste. Car il traduit non plus la faiblesse de notre entendement, mais l’ineptie de ceux qui nous gouvernent, et nous imposent leurs idées et leurs bévues incompréhensibles.

Est-il raisonnable de penser que ceux que nous avons élus, se lèvent le matin avec deux préoccupations : contrarier les électeurs par des choix stupides et incompréhensibles et aussi se faire réélire dès le prochain scrutin par ces mêmes électeurs ?

Je n’ai pas la réponse. Aussi je vous le demande : de quoi ai-je l’air ?