L’arbre au coeur de Grand Besançon Métropole

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contrat de transition écologique Besançon
Blandine Aubert déléguée régionale de l'ADEME, Jean-Philippe Setbon sous-préfet du Doubs, Jean-Louis Fousseret président de Grand Besançon Métropole, Marie-Guite Dufay présidente de la région BFC et François Laigneau directeur territorial de la Banque des Territoires, ont signé le contrat de transition écologique le 17 décembre 2019 ©YQ

L’Etat, la région Bourgogne Franche-Comté, l’ADEME et la Banque des Territoires ont contractualisé le 17 décembre un contrat de transition écologique avec  Grand Besançon Métropole.

Pas vraiment innovante la démarche dans une agglomération qui a fait du développement durable son ADN depuis plus de vingt ans. Il s’agit, selon le gouvernement, d’accompagner les collectivités volontaires vers une transition écologique génératrice d’activités économiques et d’opportunités sociales.

Au-delà du discours, des actes

En pariant sur l’écologie comme moteur de l’économie, Grand Besançon Métropole se fixe comme objectif d’être un territoire résilient et à énergie positive d’ici 2050. Pour Jean-Louis Fousseret, Président de GBM qui signe l’un de ses derniers engagements de ses trois mandats de maire et président d’agglomération, les plans d’actions inscrits dans le contrat de transition écologique doivent créer les conditions d’une économie circulaire et locale, de l’adaptation de la collectivité aux changements climatiques et énergétiques et d’accompagner le monde agricole à d’autres pratiques plus économes de l’eau en particulier. C’est aussi à tous les citoyens de s’emparer d’une transformation durable du territoire sans pour autant prêcher la décroissance.

Pour Marie-Guite Dufay, présidente de la région Bourgogne Franche-Comté, l’écologie est l’épine dorsale de toutes les politiques de la région. “En accompagnant la métropole bisontine dans ces fiches-actions, je rends hommage à une ville pionnière en matière d’environnement”. La patronne de la région regrette le double langage de l’Etat, décentralisateur quand il s’agit de transférer aux régions les financements, centralisateur quand il faut toujours ajouter plus de contraintes et de réglementations. Les actions du contrat de transition écologique dans le bassin de Grand Besançon Métropole sont estimées à 3,5 millions d’Euros, dont le financement est pris en partie par la Banque de Territoires (groupe CDC).

Parmi les pistes d’amélioration, on en retiendra trois illustrant plus clairement ce qui pourrait paraître comme un nouveau « machin administratif ».

*Massifier les installations solaires sur le territoire de Grand Besançon Métropole. Devenir un territoire à énergie positive, c’est diviser par deux la consommation énergétique et augmenter la part des énergies renouvelables. Le potentiel de production solaire locale est de plus de 600 GWh/an, une première étape dans cette transition écologique.
* Repérer des situations de vulnérabilité et de précarité énergétique.

La collaboration des acteurs de l’énergie, du social et de la santé a permis de détecter des ménages en précarité énergétique particulièrement en milieu rural. Cette expérimentation pourrait se poursuivre dans le cadre du contrat de transition écologique pour apporter une réponse adaptée à chaque ménage.

*Augmenter la part de production des produits locaux et biologiques
Il s’agit de mobiliser toutes les structures de restauration collective autour de l’objectif minimum d’un repas à base de produits locaux bios, notamment de légumes frais. L’action consiste à associer les agriculteurs et maraîchers locaux pour augmenter les surfaces cultivées en légumes à condition que la restauration collective en soit le débouché prioritaire.

Devenir un territoire résilient à énergie positive ne passe pas forcément par le tout bio, le tout local ou le tout végétarien. “En tout, l’excès est un vice” disait Senèque. Cela vaut aussi pour une écologie équilibrée, non punitive. Si les contrats de transition écologique servent à cela, alors pourquoi pas !

Yves Quemeneur