Haut-Doubs. Les Fins. Laurent Guglielmetti, « maker » au grand cœur

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Laurent a tout appris seul de la 3D dont il est désormais un expert.

Les habitants du Val de Morteau connaissent Laurent Guglielmetti en tant que pilote de drones ou blogueur partageant ses sorties à VTT. Ce féru de nouvelles technologies va aussi désormais fabriquer bénévolement des prothèses pour des personnes souffrants d’agénésie, à savoir un membre qui ne s’est pas formé, grâce à l’impression 3D.

Même s’il évolue à titre professionnel dans le domaine de la plasturgie, c’est en parfait autodidacte que Laurent Guglielmetti a développé au fil des années ses connaissances en informatique. « Quand les premières imprimantes 3D destinées au grand public sont sorties dans le commerce, j’ai bien sur eu un œil curieux comme tout passionné de nouvelles technologies…et j’ai vite franchi le pas ». Il acquiert donc il y a quelques années déjà  son premier appareil, puis deux, puis trois… « J’en ai aujourd’hui huit ! » confie-t-il. Quatre FDM (Filament) et quatre SLA (résine). « Au début je me suis amusé à réaliser des petits bibelots pour apprendre à bien maitriser ce nouveau matériel ».

Un premier coup de pouce bénévole au début la crise sanitaire

Puis est venue la pandémie avec ses confinements successifs et les besoins du milieu médical, ce fut le premier déclic du service à la personne ! « Avec un ami, nous avons lancé la production bénévolement de visières de protection et d’attaches pour les masques ». Un épisode qui a marqué Laurent, conscient des nombreuses possibilités que peuvent offrir ces machines. Dans la foulée, outre des pièces de rechange telles que des grilles d’aération par exemple, il se lance dans la création de figurines en résine de Marvel, Star Wars, dessins animés et bien d’autres pièces qui une fois imprimées, sont minutieusement peintes.

L’impression 3D au service du handicap

« Puis en début d’année, j’ai découvert une autre utilité à ces imprimantes 3D en regardant un reportage à la télé », confie Laurent. Il y découvre l’association e-Nable France, un mouvement mondial regroupant plus de 15 000 bénévoles, dont le but est de créer des appareils d’assistance aux handicaps et offrant aussi la possibilité de devenir un Maker validé pour toutes personnes ayant les connaissances de l’impression 3D. E-Nable que l’on peut traduire par « rendre possible » est aussitôt devenu pour lui une évidence. « J’ai récupéré le fichier nécessaire c’est-à-dire celui d’une prothèse de main puis j’ai lancé le travail et une fois sortie de la machine, il a fallu assembler les différents composants et la rendre fonctionnelle ». Une première étape au cours de laquelle le cahier des charges à respecter est strict que ce soit pour respecter les côtes, la maniabilité ou encore l’aspect visuel. Ensuite soumise à la validation de l’association, sa réalisation a été confirmée faisant donc de Laurent un maker officiel. Un bras est aussi actuellement en cours d’impression.

« Concrètement, si un enfant qui se situe dans ma région géographique a besoin d’une telle prothèse et contacte l’association, il y a une forte probabilité que ce soit moi qui serai en charge du projet ». Il faudra alors le rencontrer, lui prendre ou vérifier les mesures mais aussi écouter le gamin pour qui la prothèse signifiera un évident changement de vie. « On peut la personnaliser et la mettre aux couleurs de son super-héros préféré par exemple pour qu’il l’accepte plus facilement ».

Entre vingt et trente heures seront nécessaires pour produire et assembler mais aussi de solides connaissances désormais acquises, voilà ce que Laurent met à disposition de cette belle action totalement bénévole puisqu’il offrira aux enfants les prothèses qu’il sera amené à réaliser. Sa récompense. « Qu’est-ce qu’il y a de plus beau que de voir un enfant heureux vous sourire et vous dire simplement merci ? ».

La main qu’il a fabriquée ayant été validée, il est désormais un maker officiel.