Le bien-être animal, nouvelle lubie ou véritable enjeu sociétal ?

123
La citadelle de Besançon va-t-elle perdre son parc zoologique ? photo Jean-Charles Sexe-Ville de Besançon

Pour Anne Vignot, la Maire de Besançon, la condition animale est un enjeu majeur du nouveau mandat municipal !

Consciente de l’urgence à agir en matière de biodiversité et de condition animale,  Anne Vignot a nommé Marie-Thérèse Michel “conseillère municipale déléguée à la condition animale”.

Sixième extinction de masse ?

De nombreuses études mettent en évidence la disparition d’espèces animales à un rythme alarmant. “Colibri bisontine” Marie-Thérèse Michel aura comme mission d’agir en faveur d’une prise en compte de la cause animale dans toutes les politiques municipales avec l’aide des associations, précise la Mairie dans un communiqué.

Pour autant, peut-on comparer la disparition de certaines espèces avec les cinq premières extinctions de masse qui ont eu lieu, pour la première il y a 445 millions d’années, la seconde il y a 374 millions d’années, la troisième il y a 251 millions d’années puis la quatrième il y a 200 millions d’années avant la fin des dinosaures il y a 65 millions d’années. Notre monde actuel analyse trop souvent l’Histoire de la planète avec le prisme de quelques générations. La Terre a des ressources, limitées certes, et elle sait s’adapter et évoluer en dépit des prédateurs qui l’occupent (et les Hommes en font partie).

L’avenir incertain de la Citadelle

Dans les plans européens et mondiaux de préservation des espèces, la Citadelle de Besançon occupe une place de choix comme lieu de refuge et d’habitat de nombreuses espèces locales de faune et de flore (comme les faucons pèlerins et les chauves-souris). Au sein du parc zoologique, une réflexion s’engage en matière de condition animale. A terme, les grands fauves (tigres de Sibérie et lion d’Asie) partiront de la citadelle, au risque de priver le site bisontin de la grande majorité de ses visiteurs. Ces animaux sont inscrits dans des programmes d’élevage européens à des fins de conservation, ceux-ci étant respectivement “en danger critique d’extinction” et “en danger”. Les animaux ne sont d’ailleurs pas la propriété du parc zoologique mais des programmes européens.

Le bien-être animal est une cause noble à défendre. Elle n’est pas nouvelle. La SPA (Société Protectrice des Animaux) a été créée en 1845 pour protéger les chevaux que les cochers parisiens maltraitaient. Faudra-t-il interdire aux lionnes de la savane de dévorer les gazelles ? Ou aux requins de déguster des calmars ? Et finalement d’interdire aux escargots de manger des salades !

Préserver la biodiversité bien sûr mais maîtriser la Nature paraît une prétention bien démesurée pour les Hommes qui ne sont qu’une espèce animale parmi tant d’autres.

Yves Quemeneur