Haut-Doubs. Le Bizot. Une nouvelle vie pour la tourbière

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Les travaux ont permis de réhumidifier cet espace naturel.

La restauration du fonctionnement de cette tourbière répond à la volonté publique de protéger la ressource en eau, d’autant plus importante après les sécheresses récurrentes constatées dans ce secteur du Haut-Doubs.

« La tourbière dite « des Guillemins » est un Espace Naturel Sensible (ENS) d’intérêt départemental qui s’intègre dans le site des tourbières du Bizot et du Mémont, défini dans le Schéma départemental des ENS avec pour principaux objectifs d’améliorer le fonctionnement hydraulique du complexe de zones humides, de maintenir la richesse biologique, d’approfondir les connaissances et de sensibiliser la population et les acteurs locaux » explique Julien Langlade Chargé de mission au Conservatoire d’espaces naturels de Franche-Comté qui détaille les principaux enjeux de la gestion de ce site : « Il s’agit d’une zone humide d’environ 45 ha, dont 15 ha de tourbière, qui possède une capacité de stockage de l’eau, permettant de retenir des volumes importants et de les restituer progressivement aux hydrosystèmes adjacents ». Un site qui a donc beaucoup d’intérêt que ce soit grâce à la faune et à la flore présentes ou encore au fonctionnement hydrologique complexe « dont la compréhension fine est un élément clé de la mise en œuvre des opérations de réhabilitation de la zone humide ».  L’intérêt pédagogique et touristique est également notable mais pas exploitable pour l’instant du fait de la fragilité des milieux et de l’absence d’infrastructures.

Afin d’empêcher le drainage de la tourbière au travers des anciennes fosses d’extraction, celles-ci ont été fermées par la pose de palissades étanches. Un chantier mené avec l’appui d’un hélicoptère qui a permis l’acheminement des madriers de bois dans la tourbière en seulement 3 heures. L’avantage est la rapidité de la dépose ainsi que la non-dégradation des sols de la tourbière par l’entrée d’engins. Au total, 340 mètres linéaires de palissade en bois ont été installés, permettant de ré-humidifier environ 5000 m² de sol tourbeux. « L’installation de ces ouvrages permet une remise en eau de la tourbière pour stopper sa minéralisation et de fait, la libération de CO2 stocké. La réhumidification de la tourbe favorisera également la reprise de la turfigénèse et par là même le maintien ou le développement des nombreuses espèces inféodées à la tourbière, les sphaignes notamment ».