Le CHU de Besançon sur le chemin d’un fonctionnement normal

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CHU Besançon
CHRU Jean Minjoz à Besançon fortement mobilisé

Le Centre Hospitalier Universitaire Jean-Minjoz enregistre depuis plusieurs semaines une baisse du nombre des hospitalisations liées au Covid-19. Si le plan Blanc mis en œuvre dès le 9 mars reste en vigueur, les activités de chirurgie, de médecine et les consultations reprennent progressivement.

Peu de failles dans l’organisation hospitalière à Besançon

Le fonctionnement des urgences a été profondément modifié depuis deux mois avec un serveur vocal dédié et la création d’une salle d’accueil des infections respiratoires avec la mise en place d’un circuit spécifique pour les patients suspectés ou confirmés Covid-19. Cette adaptation a permis ainsi d’assurer parallèlement les urgences traumatologiques dans la filière classique des urgences (accidents de la route, accidents domestiques…)

300 à 400 tests virologiques sont réalisés chaque jour par le laboratoire hospitalier reconfiguré pour le Covid-19.

Le service des maladies infectieuses est passé de 13 à 83 lits d’accueil des patients nécessitant une surveillance médicale rapprochée. Les autres services ont été mis également à contribution (gynécologie, pédiatrie…) avec 36 lits supplémentaires pendant la période.

La réanimation adultes multipliée par 2,5

L’accueil de réanimation médicale et chirurgicale est passé de 40 à 92 lits de réanimation équipés en respirateurs. La clinique Saint-Vincent a pris en charge 8 lits supplémentaires déployés pour les patients Covid-19. Ce sont donc 100 lits qui ont été mis à disposition sur le territoire de Besançon au plus fort de la pandémie.

Ralentissement de l’épidémie sur le territoire bisontin ?

Si les capacités de réanimation sont maintenues de façon exceptionnelle et que des unités restent dédiées à la prise en charge des patients Covid-19, les ajustements se font au quotidien par la cellule de crise gérée par Chantal Carroger la directrice du CHU et le Professeur Samuel Limat, Président de la Commission Médicale d’Etablissement (CME). Une diminution graduelle du nombre de lits dans les services Covid-19 permet de retrouver, en partie, une activité « normale » et la prise en charge des maladies chroniques et des services de cancérologie.

Le Covid-19 n’a pas éradiqué les autres pathologies

Le service des urgences médicales voit arriver des patients, ayant retardé leur consultation chez les médecins de ville ou les spécialistes, dans un état préoccupant. La crise sanitaire ne doit pas freiner les hospitalisations pouvant nécessiter des soins immédiats. Dès les signes d’alerte, les patients sont invités à appeler le 15. Une partie des blocs opératoires et des lits d’hospitalisation ont été rouverts pour effectuer les interventions indispensables.

Des lits de médecine sont en cours de réouverture dans plusieurs disciplines et les consultations ont été restaurées pour éviter tout retard de diagnostic (hors Covid-19).

Les patients habituellement suivis par le CHU seront contactés selon les pathologies, en respectant scrupuleusement leur protection dans le parcours de soins. Ce parcours inclut le respect de conditions d’hygiène optimales pour éviter toute contamination pour les patients et les personnels soignants.

Depuis le 1er mars 2020, le CHU Jean-Minjoz de Besançon a réalisé 10 791 tests PCR. 1 016 patients ont été suivis, en hospitalisation ou à domicile et 518 patients ont été hospitalisés au CHU.

Le département du Doubs demeure en « zone rouge » à compter du 11 mai. “Il ne faut donc pas baisser la garde vis-à-vis du Covid-19” ont affirmé en cœur le professeur Catherine Chirouze, chef de service infectiologie, Chantal Carroger, Directrice du CHU et le professeur Samuel Limat, Président de la Commission Médicale d’Etablissement ce jeudi 7 mai.

L’évolution de l’épidémie dans les prochaines semaines dépend du comportement de chaque habitant à respecter les gestes barrières, en particulier la distanciation et le port du masque (obligatoire dans les transports en commun). A ces conditions, le dispositif hospitalier retrouvera un fonctionnement normal, le virus ne circulera plus ou très faiblement et la population pourra profiter des beaux jours à une terrasse de café en sortant du travail. Durant cette période épidémique, il est notable que le CHU de Besançon a été exemplaire dans son organisation, l’accueil et le traitement des patients.

Yves Quemeneur