Le Dessoubre refait son lit

346
D'autres travaux d'arasement sont en cours comme ici dans le pays de Montbéliard (Photo Fédération de Pêche)

Pour restaurer la continuité écologique du Dessoubre, une enquête publique a été lancée avec en ligne de mire l’arasement de deux seuils, à Neuf-Gouffre et au Pont de Fleurey.

Voyant le lit des rivières tels qu’ils sont depuis des années, des décennies voire même plus, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’utilité de la suppression des seuils. Les spécialistes de la question ne manquent pas d’arguments pour souligner leur impact sur la rivière.

Selon eux, ils seraient en effet responsables de la coupure de la continuité piscicole. Or, il est considéré qu’à partir de 30 cm de hauteur, un seuil devient infranchissable pour une truite. Ce blocage concerne aussi le transit sédimentaire. Le déficit sédimentaire qui s’installe en aval peut avoir de graves conséquences. Enfoncement du lit mineur, déstabilisation d’ouvrages d’arts, de murets, de fondations de maisons… L’homogéneisation du milieu est également évoquée. « Une rivière comme le Dessoubre est constituée d’un profil en long facilement observable. Il s’agit d’une alternance de faciès de radier et de faciès de mouille. La présence d’un seuil, et par conséquent la présence d’une zone de remous en amont, détruit cette hétérogénéité du milieu, cette banalisation entraine entre autres, une perte en faune piscicole et en faune de macroinvertébré ». Autre argument avancé, le réchauffement de l’eau dans ces zones de remous où, s’étalant sur une plus grande surface et allant à une plus faible vitesse, l’eau a le temps de grandement se réchauffer ce qui entraine en autre une évaporation plus conséquente que sur un tronçon naturel.

Pour ces raisons, qui sont les impacts principaux et les plus facilement appréhendables, des effacements de seuils et de barrages ont lieu dans toute la France et bien au-delà. « L’objectif du syndicat mixte (SMIX) du Dessoubre, par ces actions, est donc bien de restaurer la rivière pour lui conférer une plus grande naturalité et une plus grande résilience face au changement climatique ». En plus de ces opérations d’effacement, le syndicat va procéder à des opérations de diversifications du lit au droit des zones de remous. « L’objectif n’est pas ici d’artificialiser d’une autre manière la rivière mais bien de permettre un retour à une situation naturelle dans un délai acceptable. Chacun des aménagements sera “vivant”, autrement dit, la rivière aménagera elle même son lit au fil des crues, le syndicat ne fournissant qu’une matière première qui ferait défaut pendant trop longtemps pour un retour à un fonctionnement naturel viable dans un délai acceptable ».