Le grand saut fascine ou irrite

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Le Doubs peut atteindre des débits impresionnants très recherchés par les adeptes de sports extrêmes.

Il y a quelques mois, ce sont des plongeurs qui se sont illustrés en bravant non sans un certain panache la chute de 27 mètres du saut du Doubs. Des kayakistes ont suivi. Pourtant, c’est interdit…

Qu’ils plongent en simple maillot de bain ou dans leur tenue de kayakiste, ces sportifs de l’extrême préparent sans doute avec soin leur exploit. Ou tout au moins doivent-ils y réfléchir avant de s’élancer. Ce qui, malheureusement n’exclut pas le danger car c’est évident, le risque existe.

En octobre par exemple, des kayakistes de Haute-Saône avaient saisi l’occasion d’une forte montée des eaux du Doubs pour réaliser le grand saut, attendant que le débit soit suffisant et le niveau suffisant à l’arrivée pour éviter tout incident. Un acte réfléchi donc a priori, avec des repérages et au pied de la célèbre chute des amis positionnés pour porter secours en cas de problème alors que trois autres affrontaient les eaux tumultueuses de la rivière. Adrénaline garantie et il faut bien le dire, une certaine notoriété aussi puisque les réseaux sociaux relaient et démultiplient la visibilité de ces exploits, vidéos à l’appui.

Quelques jours plus tard, même scénario mais dans une plus grande intimité cette fois avec là encore plusieurs adeptes du kayak venus affronter la chute mais sans en avertir la presse. C’était toutefois sans compter sur la présence de touristes qui plus apeurés qu’impressionnés ont immortalisé le grand saut et averti des journalistes à qui ils ont confié leur angoisse durant les quelques secondes qui ont suivi la chute avant que le sportif ne réapparaisse.

Ils ont alors fait resurgir un débat entre ceux qui admirent et applaudissent ce genre d’actes pour lequel quoi qu’on en pense, il ne faut pas avoir froid aux yeux, et ceux qui crient à l’inconscience voire même à la mise en danger potentielle des secours…

De son côté, la mairie de Villers-le-Lac a tenu à rappeler que « la pratique des activités à risque et des sports extrêmes sur la rivière du Doubs n’est pas autorisée, pour des raisons évidentes de sécurité. Elle décline toute responsabilité en cas d’incident ou accident »