Le nouveau Récit économique

"Made in Bourgogne Franche-Comté, l’excellence de nos territoires"

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L'amphithéâtre Régnier était complet pour écouter David Djaïz ©YQ

« Made in Bourgogne Franche-Comté, l’excellence de nos territoires »

La CCI du Doubs et Grand Besançon Métropole ont renoué avec ces soirées économiques où, au lieu de se morfondre dans le défaitisme, tous les acteurs économiques deviennent optimistes !

Pour cet « Open Business » qui remplace en ce début d’automne les « Journées Granvelle », un conférencier de renom. David Djaïz est à 31 ans un intellectuel de la nouvelle génération, spécialiste et grand connaisseur des territoires.

La France industrielle est aussi celle de la ruralité

« Notre pays, et particulièrement la Franche-Comté, a construit son industrie au plus près des territoires ruraux » entame celui qui fut à 27 ans directeur de la stratégie à l’agence nationale de cohésion des territoires. Contrairement à nos voisins anglais ou allemands, le territoire français est un creuset de PME et de TPE fortement ancrées dans leur environnement immédiat. Les grands pôles industriels de la Ruhr, de Liverpool ou de Manchester n’ont pas ou peu d’équivalent en France. « C’est notre force, notre faiblesse aussi ». Depuis la fin des années 70, l’industrie est devenue une affaire  » ringarde, sale, polluante » , elle est passée dans la même période de 20% de la richesse nationale à moins de 9%, fabriquant dans le même temps 3 millions de chômeurs. Les conséquences pour des villes moyennes ou petites ont été catastrophiques. « La France est un pays peu peuplé partout… »

Le nouveau récit économique selon David Djaïz

David Djaïz pendant sa prestation sur « le nouveau récit économique » ©YQ

« Nous passons d’une économie linéaire à une économie circulaire où la croissance est basée sur trois fondamentaux : le bien-être, un souci social et environnemental et la coalition des acteurs dans les territoires ».

De ce point de vue, le Doubs a de solides atouts à faire valoir. Ni économiste, ni historien, David Djaïz a une vision philosophique de la politique tout en étant « énarque quand même ». Plutôt optimiste pour l’avenir économique des territoires, il oppose « bonheur privé et malheur public » comme on oppose la météo entre la température réelle et la température ressentie.

Les « entreprises du patrimoine vivant » moteur de l’avenir franc-comtois et bourguignon

40 entreprises du patrimoine vivant de Bourgogne Franche-Comté exposent dans le hall de la CCI du Doubs jusqu’au 16 novembre ©YQ
Les boîtes à musique ou la marqueterie font partie de l’excellence franc-comtoise ©YQ

Le label octroyé par l’Etat fait un peu penser au « Origine France Garantie », au « french touch » ou au petit drapeau tricolore sur un produit. Pourtant, on y parle « d’exigence de qualité », de la préservation du « fabriqué en France », d’un « fort attachement au territoire », du respect des femmes et des hommes d’entreprises soucieuses de leur environnement. C’est la définition de nombreuses PME et TPE franc-comtoises.

Le Haut-Jura est aussi terre d’excellence ©YQ

2022 en miroir des années 60 et 70

Les « Trente Glorieuses » ont été une époque bénie par des générations qui avaient connu la guerre et les privations. L’avenir était radieux « mes enfants vivront mieux que moi ». Concorde, le TGV, Ariane, le nucléaire civil : tout contribuait à une reconstruction heureuse. 60 ans après, notre pays s’est désindustrialisé, n’a plus de grands projets et les enfants du baby-boom devenus grands parents craignent que « mes enfants ne vivront pas mieux…au contraire ».

Alors, à l’image d’un de Gaulle en 1960, le président de la République veut un nouvel élan industriel pour la France. Les objectifs de « France 2030 » sont louables. Sauf qu’il y a loin de la coupe aux lèvres. Par exemple l’un des objectifs est de relancer un vrai projet spatial pour la France et patatras…on ferme le fleuron historique des moteurs d’Ariane ancré dans une petite ville normande pour le transférer en Allemagne. « C’était la contrepartie demandée par l’Allemagne pour continuer à financer l’agence spatiale européenne (ESA) » selon David Djaïz ! Les promesses n’engagent que ceux qui y croient…

Et la Franche-Comté, le Haut-Doubs et Besançon dans tout cela ? Comme la démontre l’exposition d’une quarantaine « d’entreprises du patrimoine vivant » dans le hall de la CCI de Besançon, nous avons de sérieux atouts : une réputation d’excellence des femmes et des hommes de ce territoire, un maillage qui crée un écosystème performant et une histoire où la ruralité fait bon ménage avec l’industrie.

Au travers de la conférence de David Djaïz, des témoignages de Dominique Loiseau qui a su préserver « l’hôtel de la Côte d’Or » à Saulieu, le chef d’œuvre de son mari tragiquement décédé ou de Fabienne Delahaye qui a su construire en 10 ans le MIF Expo, salon du Made in France qui accueille à Paris en novembre près de 800 exposants « 100% fabriqué en France », il y a des raisons d’espérer dans l’avenir de notre pays et de notre région. Les industriels, les artisans et les commerçants francs-comtois ont prouvé leur fierté et leur capacité à rebondir. « Y a plus qu’à » !

Yves Quemeneur