Le projet du centre nautique tombe à l’eau

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Patrick Genre, entouré de Christian Pourny et Marie-Claude Masson, a annoncé sa décision ce 7 mai dernier.

C’était le projet phare de ce mandat et aujourd’hui, c’est un “véritable coup de massue” qui s’abat sur la Communauté de Communes du Grand Pontarlier, selon les dires de son président, Patrick Genre.

La mine est basse, les traits tirés. Patrick Genre a réuni la presse ce mardi 7 mai, en urgence. Ce qu’il annonce, il ne le fait pas de gaieté de cœur : “C’est une catastrophe, pour nous tous, pour la collectivité et pour les entreprises qui se sont mobilisés pendant près de 2 ans pour que ce projet aboutisse.”
Le centre nautique, qui devait se trouver en plein de cœur de Pontarlier et offrir une structure moderne, adaptée aux besoins de la population, devait regrouper une piscine à pratique sportive ainsi que des bassins familiaux et ludiques.
Pour ce faire, de nombreux travaux de réflexion, de maîtrise d’ouvrage et un appel d’offres avaient été menés, selon un cahier des charges très précis. Une dizaine d’entreprises y avaient répondu et trois d’entre elles avaient été sélectionnées. Elles devaient présenter leurs propositions finales le 17 mai prochain. Pour les parfaire, elles avaient chacune reçu, sur une plate-forme numérique ultra sécurisée, une lettre de cadrage. Ces lettres étaient hautement confidentielles, cryptées et seulement disponibles sur la plate-forme par un code personnel, propre à chacune des sociétés.
Alors que ces documents devaient rester secrets, ils se sont étrangement retrouvés décryptés, décodés et rendus publics et visibles par une centaine d’entreprises. De fait, le risque de contentieux est extrêmement élevé. C’est pourquoi après de longues réflexions, le dossier a dû finalement être classé “sans suite”.
“Une décision difficile et douloureuse mais nécessaire. Nous ne pouvons pas prendre un tel risque pour la communauté de communes. Ce choix remet en cause et en question 2 ans de travail. Le plus grave est le préjudice moral que va subir la population. Par cette décision, nous la privons de ce centre nautique, qui devait répondre à leurs attentes.”, soupire Patrick Genre. “Nous sommes dépités, et même dégoûtés”, ajoute-t-il.
Acte de malveillance ? Défaillance numérique ? Pour le moment, nul ne sait et une enquête sera menée dans les plus brefs délais. “Nous ne pouvons laisser un tel acte impuni. Il y aura une demande d’indemnisations pour préjudice financier et moral auprès des entreprises coupables. Je tiens également à rappeler que nous sommes tous victimes de ces actes, la collectivité et les trois entreprises engagées qui n’y sont absolument pour rien et qui, elles-aussi, ont perdu du temps et de l’argent.”
Autres dommages collatéraux à citer : la prolongation de la piscine Cuinet, qui devait tirer sa révérence à l’ouverture du centre nautique, initialement prévue en 2021. “Cela va entraîner des frais supplémentaires, que nous n’avions pas envisagés”, précise monsieur le Maire.
Cet abandon du projet en l’état ne signifie pas qu’il sera totalement mis aux oubliettes. “Il y aura très certainement une suite à tout ça. Mais cela repousse les travaux de deux ans. Nous devrons tout reprendre à zéro.”
Rappelons que ce centre nautique avait un budget prévisionnel d’environ 10 millions d’euros. Ses frais de fonctionnement sur 8 ans s’élevaient à 5 millions d’euros.