Le Secours Catholique au cœur de la pauvreté en Franche-Comté

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Le Secours Catholique Franche Comté
Le 7 novembre, le Secours Catholique en Franche-Comté dressait le bilan de la pauvreté en 2018

Comme chaque année au début de l’hiver, l’organisation caritative publie son rapport annuel sur l’état de la pauvreté en France. Les quatre départements francs-comtois sont dans la moyenne nationale.

22000 ménages accueillis en 2018

Antoine Aumonier, le délégué du Secours Catholique en Franche-Comté a fait l’état des lieux de l’année ce 7 novembre. La situation des femmes seules, des enfants et des migrants inquiètent l’organisation caritative. 40% des ménages accueillis par le secours catholique sont déjà connus par les bénévoles de l’organisation. Et près de 90% des personnes concernées viennent sur la recommandation des services sociaux.

De l’écoute surtout

8 personnes sur 10 souhaitent de l’écoute sur leur situation particulière, des conseils et si possible une orientation pour sortir de leur précarité. Près de la moitié des ménages sont composés de personnes seules. La demande de vêtements a plus que doublée depuis 2014. Elle atteint 19% des ménages accueillis. Un tiers des ménages vivent dans des logements précaires dont 16% dans des centres d’hébergement et 5% à la rue.

Plus de Français

60% des personnes accueillies sont de nationalité française. Ce pourcentage est en augmentation depuis 2010. La population d’origine étrangère vient pour un tiers d’Afrique subsaharienne et un tiers des pays d’Europe de l’Est. La majorité des étrangers ont moins de 40 ans et sont très souvent sans statut légal. 1 étranger sur 4 attend un titre de séjour et 20% n’ont aucun titre de séjour. Beaucoup vivent en France depuis plus de 10 ans sans statut.

535€ de revenu médian

L’organisation caritative est réputée pour recevoir les plus pauvres. Les ménages accueillis ont un revenu médian de 535€/mois, soit 50% de moins que le seuil de pauvreté. La Franche-Comté est un territoire rural où la pauvreté est diffuse et souvent cachée. Ceux qui poussent la porte du Secours Catholique sont souvent des « invisibles » contrairement aux grands centres urbains. Et les étrangers, du fait de leur absence de statut,  sont encore plus vulnérables.

28% des personnes ayant droit aux allocations familiales ne les demandent pas. Lors de l’élargissement de la prime à l’emploi début 2019, on a constaté une augmentation des demandes de bénéficiaires.

Cela démontre que la France, pays de la générosité et de la redistribution, est gangrenée par une multitude de services différents, d’associations caritatives qui travaillent les unes à côté des autres mais rarement ensemble. Les difficultés d’accès à Internet, la mauvaise maîtrise de la langue française pour les étrangers sont des facteurs supplémentaires d’exclusion. Plutôt que de dire que “ça coûte un pognon de dingue”, il serait peut-être temps de personnaliser l’accueil des personnes précaires et des migrants et qu’un guichet unique (une personne physique) prenne le temps de l’écoute, de l’analyse de chaque situation et propose les solutions adaptées. Ça coûtera aussi cher mais ça servira à celles et ceux qui en ont besoin.

Yves Quemeneur