Le temps des Etrennes

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Etrennes
le calendrier des Postes existe depuis 1854

En fin d’année, l’usage veut que l’on donne des étrennes au facteur, aux pompiers, au gardien d’immeuble ou encore à la nounou des petits.

Les Etrennes sont une tradition, jamais une obligation. Cette tradition remonte à l’époque romaine. Au temps de Tatius qui régna sur Rome avec Romulus, il était de bonne augure d’offrir au premier jour de la nouvelle année quelques branches d’arbres coupées dans la forêt consacrée à Strena, déesse de la force. Cette coutume prit le nom de Stranae dont on tira Etrennes. Les branches furent remplacées par des fruits ou du miel pour souhaiter les meilleures douceurs pendant l’année nouvelle. L’usage des étrennes a perduré pour n’être conservé qu’entre particuliers.

Une habitude en perte de vitesse
Etrennes
Les étrennes, une tradition désuète ?

Les gardiens d’immeubles, autrefois présents dans toutes les cages d’escalier, ont laissé la place aux digicodes. Les mobilités professionnelles, les familles recomposées limitent aussi les relations longues entre locataires et concierges. Dans les immeubles, l’habitude était de consacrer 10% d’un loyer aux étrennes de la gardienne pour compenser la précarité d’un métier à temps partiel où le 13ème mois n’existe pas. Dans la pratique, un billet de 20€ est devenu la norme. Les gardiens ont bien du mal à atteindre une somme de 1000€. Cette somme ne subit pas de cotisations sociales et n’a pas à être déclarée aux impôts. On peut regretter que dans l’habitat collectif, la bienveillance, le respect et la générosité pour les gardiens soient devenus l’exception !

Etrennes
le calendrier du facteur, un choix cornélien entre les chats !

L’almanach de la Poste existe depuis 1854. Cette tradition, encore fortement ancrée dans les zones rurales, est organisée par chaque facteur, à charge pour lui d’acheter les « fameux calendriers de chats ». De plus en plus, les jeunes ménages abandonnent cette tradition du fait de la diminution du courrier distribué et de l’absence pendant les heures de travail. Le don moyen tourne autour de 5 à 10€.

Quant aux pompiers, les étrennes sont régies différemment. La recette des calendriers entre dans un pot commun qui sert à alimenter la caisse des amicales locales. Il ne faut pas oublier que 80% des pompiers sont des volontaires. Pour les pompiers, le calendrier est aussi un moment privilégié pour rencontrer la population. Chacun donne ce qu’il veut ou peut.  La recette moyenne est sensiblement identique aux facteurs.

Pour les assistantes maternelles, le cadeau personnalisé est souvent la règle, compte tenu de la relation privilégiée avec les parents et les enfants. Il pourrait même être vexant pour une nounou de recevoir de l’argent au moment des étrennes.

Valeur symbolique plus que financière

“Les étrennes sont une tradition qui n’est pas encadrée au plan national”. Il n’y a ni obligation à donner ni barème à respecter. Certaines villes peuvent en limiter l’usage par arrêté comme à Lyon ou Paris. Ce n’est pas le cas à Besançon.  Les étrennes, c’est enfin l’enveloppe des papys ou mamys pour les petits-enfants. Là encore rien à déclarer sauf si le don du grand-père dépasse 31 865€ par période de 15 ans (mais il faut une grande enveloppe) !

Alors, si un billet de 5, 10 ou 20€ est une façon de reconnaître le travail du quotidien, on peut l’envelopper dans un sourire, c’est encore mieux !

Yves Quemeneur