Le train de la relance sifflera trois fois

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Le Train de la Relance a fait une halte remarquée à la Gare Viotte à Besançon le 29 septembre ©YQ

Pas de lien direct avec le western de 1952 associant Grace Kelly et Gary Cooper. Le train de la relance a sifflé une première fois en 2020 avec le « quoi qu’il en coûte ». Il a sifflé une seconde fois pour cette rentrée 2021 avec une croissance économique estimée à plus de 6%. Il sifflera une troisième fois au 1er trimestre 2022 et les promesses probablement inconsidérées des candidats à l’élection présidentielle. La fin du voyage pourrait être plus douloureuse quand les entreprises devront rembourser les prêts garantis par l’Etat (PGE).

Le train de la relance était à l’heure à Besançon
En gare de Besançon, Patrick Ayache Vice-président de la Région, Jean-François Colombet Préfet du Doubs, Ludovic Fagaut Vice-président du département du Doubs, Fabien Sudry Préfet de Région et Anne Vignot Maire de Besançon, ont visité les trois voitures du train de la relance ©YQ

« La caravane promotionnelle » du gouvernement faisait son avant-dernière halte à la Gare Viotte de Besançon mercredi 29 septembre. Depuis le 6 septembre, elle aura sillonné les 12 régions métropolitaines pour mettre en avant le plan de 100 milliards d’euros d’aides publiques déversés pour éviter « l’étouffement de l’économie après la crise sanitaire » comme l’a souligné Fabien Sudry le Préfet de Région Bourgogne Franche-Comté.

Les trois piliers de la relance

Avec France Relance, la France se réalise et se projette dans l’Europe de demain en mettant l’accent sur l’écologie, la compétitivité et la cohésion.

Ecologie : les aides à l’investissement concernent autant les particuliers que les entreprises. De la rénovation énergétique des logements (MaPrimeRénov’) au soutien à la transition agricole, la lutte contre l’artificialisation des sols ou encore la décarbonation de l’industrie, le gouvernement surfe sur « l’écolo fashion ».
Compétitivité : si la relocalisation des activités industrielles est à l’ordre du jour, elle va se heurter à la faiblesse des fonds propres des PME, seules capables d’innovations technologiques et de proximité.
Cohésion : l’opération « 1 jeune, 1 solution » est mise en avant par le gouvernement pour soutenir les filières de l’apprentissage, de l’insertion. La cohésion, c’est aussi le déploiement du Très Haut Débit dans tous les territoires, le soutien direct à l’investissement des collectivités et le plan de rénovation des centres villes.
1,7 milliard d’euros en Bourgogne Franche-Comté
à côté des élus, présence remarquée de Jean-François Chanet, le recteur de l’académie de Besançon, bénéficiaire du plan de relance dans l’université et la recherche ©YQ

Ça ressemble un peu à une liste à la Prévert mais, quand même… admettons que l’Etat a mis les doigts dans le cambouis : 400 km de haies plantées, 29 340 foyers bénéficiaires de « MaPrimRénov’ », 37 projets de modernisation des infrastructures d’eau et d’assainissement, 721 projets d’investissement d’entreprises depuis septembre 2020, 135 projets dans le cadre du plan cinéma et audiovisuel, 2 360 chèques France Num aux commerces, hôtels et restaurants, 15 entreprises de la filière agro-alimentaire soutenues à hauteur de 3,4 millions d’euros. S’y ajoutent 1 220 personnes en parcours d’insertion, 41 000 jeunes bénéficiaires du plan « 1 jeune, 1 solution » depuis 2020, 27 projets d’associations de lutte contre la pauvreté pour 2,14 millions d’euros, 90 établissements de restauration et d’hôtellerie accompagnés dans les diagnostics gratuits du fonds tourisme durable et même 22 millions dans le plan régional « Investir pour l’hôpital » en 2021 pour améliorer…le fonctionnement quotidien des services de santé.

Le focus a été mis sur trois exemples de réussite des financements de France Relance dans la région : le Parc Naturel Régional du Haut-Jura pour son action en faveur de la préservation du Grand Tétras, MS Innov’ une entreprise d’une trentaine de personnes à Belfort spécialisée dans l’ingénierie et la robotique pour un développement de la robotique ouverte à des salariés moins qualifiés, et l’association « la régie de quartiers de Belfort » pour ses actions en faveur de l’insertion des personnes éloignées de l’emploi.

L’étape bisontine du Train de la Relance
Les 3 wagons aménagés exposent les actions du gouvernement dans le plan de relance ©YQ

Les trois voitures étaient stationnées sur la voie A de Besançon Viotte. Une voiture dédiée à France Relance présentant le plan à l’échelle nationale et des focus au niveau local. Une voiture studio radio en partenariat avec Reporters d’espoirs et des médias locaux qui assurait 3 heures de plateau en direct avec des acteurs économiques locaux et des représentants de l’Etat. Une troisième voiture sur la « mobilisation des énergies positives » animée par le Printemps de l’optimisme, l’association présidée par Thierry Saussez, un publicitaire qui dirigea de 2007 à 2010 le service d’information du gouvernement sous la présidence de Nicolas Sarkozy… L’optimisme est une vertu importante en politique !

Un village de l’emploi était installé sur le parvis de la Gare Viotte regroupant les partenaires de l’emploi (Pôle-Emploi, Mission locale, Conseil régional). Une douzaine d’entreprises étaient présentes à ce « job dating » aux côtés de la Gendarmerie, des Armées, de la Police, d’EDF et de la SNCF.

Opération à but « marketing » le Train de la Relance, c’était aussi une façon de mettre l’accent sur les trains qui arrivent à l’heure et pas seulement de ceux qui sont en retard. Son budget sera-t-il inclus dans les comptes de campagne du futur candidat-président de la République ?

Yves Quemeneur