L’église du Bizot se livre

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L'église du Bizot est l'une des plus anciennes du département.

Il fallait bien un livre en effet pour percer les nombreux secrets de l’église Saint-Georges du Bizot. C’est désormais chose faite grâce à Jean-Marie Robbe et Jean-François Chopard.

Les deux auteurs se sont penchés sur l’histoire de la Seigneurerie de Réaumont et de la paroisse du Bizot, décrivant avec précision les méthodes de construction de ce joyau d’architecture de la fin du Moyen-Âge, passant en revue tous les éléments architecturaux et tous les détails de la décoration intérieure sont décrits et étudiés.

Au centre du village du Bizot se dresse depuis 1331 une église paroissiale dédiée à Saint Georges. La vie de ce petit joyau d’architecture n’a pas été un long fleuve tranquille : elle a connu diverses périodes et s’est transformée au fil des rebondissements de l’Histoire.

Classée au Patrimoine des Monuments Historiques depuis 1965, cette église est l’une des plus anciennes du département, et le cimetière qui la jouxtait autrefois a abrité jusqu’à cinq mille sépultures. Elle donne sans conteste une partie de son identité au village du Bizot.

Mais cette première église fut incendiée en 1476 lors de l’invasion des Suisses. De cet édifice primitif demeurent encore quelques tombes.

L’église du Bizot est reconstruite. La date de 1503, lisible sur l’une des clefs de voûte du bâtiment, serait celle de l’achèvement de la construction. L’architecte en est alors Guillemin Mathiot, qui conçoit un édifice caractéristique de l’art architectural comtois du XVIème siècle. Malheureusement le clocher primitif se dégrade, et est remplacé en 1733 par le clocher que l’on peut encore admirer aujourd’hui, sur les plans de l’architecte Bassignot.

Dans un style gothique flamboyant, l’église du Bizot possède trois nefs voûtées en ogives surbaissées, qui viennent se fondre dans les fûts des piliers ronds, sans chapiteau, donnant ainsi des lignes d’une grande pureté. La charpente constituée de sapin de la région est en forme de carène de bateau renversée. Le toit en est couvert de laves, et son poids estimé à plus de 460 tonnes.

Parmi les éléments admirables qui font le charme de cette vénérable église, on peut porter son attention sur les clefs de voûte, porteuses chacune d’une symbolique différente. À noter également la présence de vitraux remarquables, d’un orgue lui aussi classé et de trois cloches aux décors soignés.

Une église qui a une autre particularité puisqu’elle appartient aujourd’hui légalement aux trois communes du Bizot, pour la moitié, et pour un quart chacune, du Narbief et de la Bosse.