Les anti-camions ont frappé fort à Larnod

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Trop, c'est trop ! 2000 camions par jour, pour les riverains, ça ne passe pas. Ce samedi matin, ça ne passait plus ©YQ

Après un premier blocage le samedi 13 mars dans la traversée de Samson, l’association « Bonne route » présidée par François Vacheresse a récidivé ce samedi 29 mai. 200 personnes ont bloqué la circulation des véhicules à Larnod.

A 11h30, tous les véhicules étaient arrêtés sur toute la côte de Larnod, depuis la commune de Beure. La manifestation a dû priver bon nombre de promeneurs qui voulaient profiter d’une belle journée ensoleillée dans le Haut-Jura ou à la Saline royale !

Les anti-camions avaient aussi mobilisé les enfants ! ©YQ

Pour François Vacheresse, il s’agit d’alerter les parlementaires et les services de l’Etat sur les nuisances sonores, la sécurité routière et la pollution engendrées par le passage quotidien de 2 000 camions sur cet itinéraire de remplacement à l’A39 et A36. Il est soutenu par les maires de communes traversées par la route nationale. Anne Vignot, la maire de Besançon était présente pour soutenir l’association et…tenter de récupérer la colère des riverains et poursuivre son combat contre le contournement de la RN 57 à Besançon. Thierry Maire du Poset, maire de Rennes sur Loue et vice-président du département en charge des routes était présent ainsi qu’Annick Jacquemet nouvelle sénatrice du Doubs.

François Vacheresse à la tête de l’association « Bonne route » prône à nouveau la suppression des camions en transit sur la RN 83 ©YQ

On peut comprendre l’irritation des riverains sur un axe essentiel qui relie Lyon à Strasbourg. L’objectif est d’obliger les poids lourds (pour une grande majorité venant des pays de l’est) à emprunter l’autoroute entre Poligny et Besançon : objectif louable et partagé par tous. Les solutions ne sont pas aussi faciles à appliquer qu’elles sont rapides à énoncer.

Le problème du cabotage

Personne ne peut comprendre qu’un camion qui relie la Sarre en Allemagne à Vigo en Espagne puisse emprunter des routes nationales ou départementales, alors que le réseau autoroutier est dense ou mieux les autoroutes ferroviaires qui sont LA solution sur les longs trajets internationaux.

La circulation était fortement perturbé dans la côte de Larnod ce samedi matin ©YQ

Sauf que la réglementation européenne sur le transport de marchandises autorise à un transporteur de « caboter » dans le pays de passage. Un camion lituanien va donc pouvoir charger à Saarlouis à destination de Vigo, décharger une partie de sa cargaison à Vesoul, recharger à Quingey, puis décharger à nouveau à Lons-le-Saunier avant de reprendre la direction de Vigo…Problème simple à résoudre ? Oui sur le papier et dans l’intérêt des transporteurs français définitivement privés des transports internationaux, la réalité économique et juridique est plus ardue.

Ne plus acheter sur Internet et uniquement en local

Les partisans de l’interdiction de transit des poids lourds sur la RN 83 soulignaient les absurdités de « la loi du marché » (on frise parfois les propos extrêmes). Quelques exemples du transport absurde : « une pomme de terre cultivée aux Pays-Bas est épluchée en Italie pour être vendu dans les friteries belges » pour des questions de coût de main d’œuvre. Certains diront pour « engraisser les actionnaires des multinationales » d’autres argumenteront que la responsabilité incombe à chaque consommateur de payer 1€ de plus pour un sachet de frites produites et cuites sur place. Autre exemple d’absurdité selon « Bonne route » : « Amazon livre en 8h chrono dans des camions quasi vides »…Mais Amazon existerait-il sans clients ? Que ceux qui n’achètent jamais sur le net lèvent le doigt !

Le monsieur parle-t-il du vélo comme « une arme de destruction massive » ? En tout l’excès est nuisible ! ©YQ

Si nous arrêtions d’importer, devrions nous aussi arrêter d’exporter…déjà que notre balance commerciale est largement déficitaire, cela n’arrangerait pas les affaires de nos milliers de PME ancrées dans leur territoire.

Alors, les militants de l’association « Bonne route » ont raison de réclamer des solutions pour garantir la tranquillité de nos territoires ruraux. Ils ont raison de séparer les camions français qui approvisionnent ou chargent dans un rayon de 250 kms, des poids lourds lituaniens, comme on sépare le bon grain de l’ivraie !  Il ne faudrait pas que ce combat louable préfigure des combats plus politiques sur l’aménagement de la RN 57 qui est un axe vital pour l’économie franc-comtoise.

Rendez-vous le 12 juin à Beure puis dans le jura à la rentrée de septembre !

Yves Quemeneur