Les chasseurs du Doubs veulent en finir avec les « brebis galeuses »

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Chaque chasseur est invité à veiller et dénoncer les comportements illégaux.

Depuis de nombreuses années, les chasseurs du Doubs font beaucoup d’efforts pour améliorer leur image aux yeux du grand public. Il reste du travail, mais la fédération est déterminée.

Le dimanche 22 novembre, une opération de contrôle a permis d’appréhender un groupe de chasseurs de Levier occupés à traquer un sangler avec leur 4X4. Un événement qui forcément fait grand bruit et trouve une résonance médiatique encore amplifiée par les réseaux sociaux. « Il est important de souligner que cette opération a été menée conjointement par les gendarmes et la fédération de chasse elle-même » indique son président Jean-Maurice Boillon. « Les adhérents ont été prévenus que les contrôles allaient s’intensifier et ce qui vient de se passer prouve que nous sommes déterminés à mettre fin à toutes les pratiques inacceptables ».

La fédération s’est en effet engagée dans un partenariat étroit avec les gendarmes pour la mise en place du DATER, le dispositif d’appropriation territoriale, environnementale et d’échange du renseignement. « Les chasseurs ont un rôle de vigie et d’alerte à jouer pour signaler tous les comportements répréhensibles ». Une prise de conscience générale qui prouve que les chasseurs ne peuvent plus fermer les yeux sur des agissements qui nuisent à l’immense majorité des pratiquants qui eux respectent les règles.

« L’image de la chasse est salie par des minorités bien identifiées qui se croyaient jusqu’à présent intouchables car les infractions étaient difficiles à caractériser. Cette époque des dérives est révolue » insiste le président de la fédération qui entend bien « faire passer ce message fort aux quelques délinquants qui gangrènent nos rangs ».

Des initiatives populaires comme Un Dimanche à la Chasse ou des conventions avec les autres utilisateurs de la nature avaient permis ces dernières années mettre en lumière les objectifs cynégétiques de la chasse et d’apaiser des tensions parfois anciennes. La volonté indéniable affichée par les chasseurs du Doubs pour aller plus loin est clairement mise en lumière par ce fait divers judiciaire que la fédération souhaite exemplaire : « Nous nous porterons bien entendu partie civile dans cette affaire et allons poursuivre nos efforts avec les autorités pour plus de contrôles et des sanctions à la hauteur jusqu’à ce que cette problématique soit définitivement enrayée et que la majorité des chasseurs puissent poursuivre leur passion de manière apaisée ». Le message est clair.

 

Une réaction collective

Avant de se lancer dans cette vaste et délicate mission de remise en ordre dans ses propres rangs, la fédération a souhaité connaître l’opinion de celles et ceux qui sont sur le terrain. Une enquête a donc été envoyée aux présidents des territoires de chasse du Doubs en mars dernier, soit à 622 personnes. « Au travers de cette enquête, il était important pour la Fédération des Chasseurs de recueillir l’avis et le ressenti des responsables de chasse sur cette problématique ». Les réponses ont été nombreuses, preuve de l’intérêt particulier des chasseurs sur ce sujet épineux des comportements délictueux. « Selon ce sondage, plus de 80% des participants indiquent avoir déjà été confrontés à la problématique des « safaris 4×4 » sur leur territoire et, pour 35% d’entre eux, très fréquemment » déplorent les responsables. Beaucoup plus encourageant le chiffre de 86% des pratiquants qui se préoccupent de l’image négative véhiculée par ces pratiques et sont prêts à soutenir leur Fédération pour les éradiquer. Un véritable encouragement à poursuivre les actions et contrôles en s’appuyant sur les membres eux-mêmes, dans chaque commune.