Les échelles de la mort

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Même avec de nouvelles échelles, le site reste impressionnant.

Pour la 10ème fois, les trailers auront l’occasion de parcourir ce site le 8 septembre. Devenu touristique, il n’en garde pas moins une part mystérieuse qui mérite quelques explications.

Angoissant, mais aussi fascinant, le seul nom de ce lieu peut faire frémir. Il ne doit rien au hasard mais à l’histoire qui a rendu ces échelles mythiques aux yeux des habitants du secteur. Aux 18ème et 19ème  siècles, la contrebande est une façon courante de gagner un peu d’argent dans ce Haut-Doubs frontalier.  Un moyen presque traditionnel à l’époque pour arrondir les fins de mois voire même comme on dit ici de joindre les deux bouts ! On prend donc tous les risques. Malheureusement pour les adeptes de ces circuits parallèles, les douaniers, surnommés les gabelous, veillent sur ces échanges commerciaux illégaux. Seule solution pour les fraudeurs, emprunter des chemins escarpés, dangereux, là où les autorités n’iront pas, eux, risquer leur vie.

Dans ces gorges qui surplombent la vallée du Doubs, les contrebandiers vont donc installer à flanc de falaise de simples troncs avec des traverses, le tout en bois, fragile et instable. Un moyen de passage d’un pays à l’autre d’autant plus périlleux que le trafic s’effectue de nuit par une météo souvent peu clémente. Tellement de risques pris d’ailleurs que des hommes y perdront la vie en chutant pour avoir essayé de passer en fraude quelques denrées, alimentaires le plus souvent.

Elles ont été changées pour avoir progressivement deux montants puis au profit du métal en 1899.  Récemment remises à neuf, les échelles sont pour les amoureux de nature et de randonnées un passage obligé du Pays Horloger.

Pour y accéder facilement, quelques mètres après la maison qui accueillait il y a quelques années encore les douaniers entre Fournet-Blancheroche et Biaufond, dans un virage, une petite route à gauche mène au barrage du Refrain et aux fameuses échelles.