Les épicéas du massif jurassien se meurent

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Le mal est bien visible même à l'oeil nu

Ce sont nos voisins suisses qui ont tiré la sonnette d’alarme, faisant remonter l’information jusqu’au conseil national. Les épicéas sont en danger et le phénomène ne connait pas de frontière.

«Il faut sauver l’épicéa jurassien» titrait récemment la presse helvétique après la sortie médiatique d’un député jurassien alertant sur les changements climatiques et la prolifération du bostryche, deux phénomènes qui combinés expliqueraient une évolution qui menace le paysage boisé des Franches-Montagnes. Pour l’expliquer, Bernard Beuret, éminent spécialiste de la question pointe du doigt la mauvaise gestion forestière de ses compatriotes, jugeant celle-ci tout autant responsable que le réchauffement climatique. « L’exploitation des prairies boisées n’est pas assez intensive: on prend ce dont on a besoin et on laisse le reste, ce qui le rend le sapin vulnérable aux maladies et aux parasites», assène-t-il.

Le diagnostic évoque le moyen terme, un demi-siècle tout au plus, donc un laps de temps très rapproché à l’échelle de l’évolution des espèces. L’épicéa est fortement compromis dans les régions de basse altitude, soit environ à 1000 mètres et en-deçà, là où justement il est omniprésent et emblématique dans les paysages du massif, autant côté suisse que côté français.

Devant ce « phénomène désastreux », les élus lanceurs d’alerte évoque des « images de désolation » et souhaite que l’épicéa bénéficie d’une reconnaissance internationale, en l’occurrence l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Une démarche qui n’a que très peu de chance d’aboutir mais qui a au moins le mérite de mettre le problème sur la place publique et donc d’éveiller les consciences.