Les frontaliers moins mal-aimés ?

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Les uns passent dans un sens pour aller travailler...les autres font l'inverse pour faire leurs achats.

Pas facile tous les jours d’être travailleur frontalier dans un pays où parfois le débat politique devient à ce point envenimé que l’on est comparés à des rats… Même si la question reste bien présente, la pression semble toutefois être nettement retombée.

La vague verte a déferlé sur le parlement suisse lors des récentes élections fédérales, un résultat qui a aussi des répercussions sur les frontaliers. Les principaux mouvements populistes qui avaient fait des français passant chaque jour la frontière leurs ennemis ont en effet subi un cinglant revers alors que depuis près de 20 ans, ils réussissaient à séduire un cinquième de l’électorat autour de cette idée fixe, le rejet des travailleurs frontaliers français.

Or cette fois, à Genève par exemple, la formation populiste a subi une importante défaite en ne récoltant que 5,4% des voix lors de l’élection au Conseil national. Ses représentants le reconnaissent en évoquant « une phase critique » ajoutant même. « On ne sait plus trop quelle est sa ligne idéologique. D’abord clairement marqué à droite, le parti se positionne désormais à gauche sur les questions de politique sociale ». Aveu d’un zig-zag idéologique purement calculé ou cette chute cache-t-elle autre chose de plus positif : Et si les frontaliers étaient regardés avec plus de tolérance ?

La question reste bel et bien toujours d’actualité. Des mesures ont en outre été prises pour faire face aux effets négatifs engendrés par l’afflux de travailleurs frontaliers, par exemple la préférence cantonale à l’emploi dans l’administration du canton de Genève. Et d’autres thématiques se révèlent bien plus graves comme aujourd’hui celle du climat.

En tout cas, même si le sujet n’est pas oublié par nos voisins, on ne peut que se réjouir d’avoir vu la tension retomber. Pour l’instant en tout cas, la communication populiste outrancière des travailleurs frontaliers comparés à des rats mangeant le fromage des Suisses a disparu. C’est déjà ça.