Les frontaliers, une aubaine pour la Suisse!

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L'étude réduit à néant les arguments des anti-frontaliers.

Voilà une étude qui depuis quelques jours fait grand bruit chez nos voisins suisses. La question est simple : les frontaliers sont-ils utiles à l’économie helvétique ? On pourrait aisément poser la même question ici : l’économie suisse est-elle utile à la zone frontalière ? avec dans les deux cas une même réponse : oui !

C’est une vieille rengaine bien connue en Suisse comme ailleurs. Pour capter leur électorat, des partis politiques notamment clament haut et fort que la main d’œuvre étrangère, ici le frontalier, vole le travail de l’autochtone. Un raisonnement simpliste mais souvent efficace qui se répand tout aussi facilement dans l’opinion publique dans un pays où la main d’œuvre étrangère est de 6% en moyenne et de plus de 30% dans le canton de Genève.

Une étude menée par des économistes suisses donne pourtant une conclusion à partir d’éléments très étayés : « les frontaliers sont une aubaine pour le pays qui les accueille. Ils génèrent de la valeur ajoutée et contribuent à la hausse du PIB lorsque l’économie va bien ». Leur rôle est tout aussi important en cas de crise puisque quand celle-ci s’installe les frontaliers deviennent une variable d’ajustement et jouent le rôle de tampon en étant bien souvent les premiers à perdre leur emploi, n’apparaissant d’ailleurs pas dans les chiffres du chômage en Suisse. Mieux encore, ils sont en grande partie indemnisés par la France.

Mais au fait en quoi ce recours parfois intense à la main d’œuvre française peut-il être qualifiée de bénéfique ? Tout simplement car l’entreprise évite de délocaliser et maintient donc ses activités en territoire helvétique, préservant ainsi aussi les emplois des suisses eux-mêmes. De plus, travailleurs locaux et frontaliers ont selon cette même étude des profils complémentaires plutôt que concurrentiel. On ne pourrait donc pas mathématiquement remplacer un français par un chômeur du cru.

Des conclusions qui assènent une vraie gifle aux raisonnements populistes en vogue dans bien des pays du continent européen et qui font le terreau fertile des idées nationalistes.

A l’inverse, une étude cherchant à savoir si la proximité de la Suisse est une aubaine pour les territoires frontaliers en France aurait sans le moindre doute le même résultat positif. Reste à ce que les uns et les autres en prennent enfin conscience, de chaque côté de la frontière…