Les grandes manœuvres…

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Le retour sur Canal+ de l’excellente série télévisée Baron Noir (dont l’intrigue fictive rattrape parfois la réalité de notre conjoncture politique), en aurait-elle inspiré quelques-uns ?

C’est ce qui semble s’être déroulé la semaine passée, où dans l’une des principales villes du département, les attaques personnelles et intimidations plus ou moins directes entre candidats aux élections municipales ont fleuri sur la place publique, via les smartphones ou les réseaux sociaux.

Certains « coups sous la ceinture » ont même été échangés, entre publications de conversations privées, mensonges,
tromperies, manipulations, billard à trois bandes, stratégie de défense grossière et maladroite….

Il faut dire que la violence grandissante des rapports sociétaux, la défiance populaire, ajoutée à la normalisation de postures ou de discours outranciers se prête magnifiquement à ce petit exercice dont les méthodes sont éminemment condamnables mais ont eu le mérite, tel que leur objectif le visait, « d’informer ceux qui le souhaitent de cet autre visage qu’ils ne connaissent pas ».

Cruel dilemme entre la forme et le fond, la fin et les moyens…

Mais à trop vouloir s’afficher comme exemple de transparence, ne risque-t-on pas de vouloir laver plus blanc que blanc ? D’aseptiser nos aspérités, nos failles, nos doutes ? De rompre avec toute spontanéité de parole ou de pensée ?

Surtout, qui n’a pas un jour eu recours à ces « petits arrangements avec la réalité » pour se sauver la face, rassurer son ego ou tout simplement briller en société  ?

Par ailleurs, comme certains artistes de génie (réalisateurs, écrivains, photographes…) l’ont récemment prouvé, un individu peut se révéler particulièrement sombre dans son for intérieur et accoucher, paradoxalement, d’une œuvre magnifique.

C’est d’ailleurs souvent par le biais de ce processus dit « de sublimation », qu’il parvient à survivre aux contradictions de son équation personnelle qui l’assaillent quotidiennement. Et, à terme, à guérir de ses troubles existentiels.

Ainsi, un homme qui trompe son épouse (ou une femme qui trompe son mari), peut tout à fait, pour autant, s’avérer être un excellent maire. Il sera vraisemblablement de même d’une personne aux pratiques intimes « non conventionnelles ».

En définitive, la méchanceté, la jalousie, la médisance ne sont que le révélateur d’une défaillance caractéristique de gens souffrant d’infériorité, se sentant obligés de salir tous ceux pouvant potentiellement à leurs yeux, se révéler meilleurs qu’eux. Ce qui leur est insupportable. Car en réalité, ils les envient, mais n’oseront jamais (se) l’avouer…

Finalement, qui restera le plus malheureux ?