“Les héros sont fatigués”

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Marc Paulin, délégué Sud Santé "à la manœuvre" devant l'hôpital Saint Jacques ©YQ

C’est par ce propos, rappelant les applaudissements quotidiens aux personnels soignants durant le confinement, que Marc Paulin de Sud Santé a lancé la manifestation des personnels de santé devant l’ancien hôpital Saint Jacques le jeudi 15 octobre.

Ils étaient une petite centaine d’agents, hospitaliers (infirmiers, infirmières, aides-soignants…) à s’opposer à « la casse de l’hôpital public » mais également des services de santé (EHPAD, foyers, instituts médico-éducatifs ou centres d’accueils des demandeurs d’asile).

Le Ségur est une imposture
Des personnels des Maisons d’accueil spécialisé (MAS) en lutte pour la même augmentation de salaire que les soignants hospitaliers ©YQ
Parmi les manifestants présents devant l’hôpital Saint Jacques, on remarquait quelques élus de la Ville de Besançon ©YQ

Si les slogans fleuraient bon le “combat anti libéral”, Marc Paulin a mis le doigt sur une “évidente imposture” du Ségur de la santé. Tous les personnels de la santé, soignants et administratifs, ont effectivement touchés la prime de 1 500€. Et pourtant, toute la filière du médico-social a été exclue des augmentations salariales prévues par le Ségur de la Santé. On peut effectivement s’interroger sur ce manque d’équité. Ils remplissent souvent les mêmes missions, ils sont aussi motivés que les personnels hospitaliers et ne sont pas remerciés par l’Etat…drôle de solidarité pour les soignants présents à la manifestation !

Marc Paulin a distribué des “blouses blanches” à tous les manifestants qui se dirigeaient vers le siège bisontin de l’Agence Régionale de Santé ©YQ

Dans les propos scandés par les représentants syndicaux, aucun mot d’ordre par contre pour revoir l’organisation administrative de l’hôpital public « à la française ». De l’avis de nombreux médecins et personnels soignants, c’est pourtant la réforme de fond à engager pour mieux soigner.

Mieux soigner doit être bien l’objectif ultime recherché. Augmenter le nombre de lits, augmenter les nombre de médecins et de personnels soignants est un impératif qui s’accompagne de la réduction de l’administration hospitalière. Les syndicats y sont-ils prêts ?