Les maires du Doubs montent au front pour sauver les commerçants

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Les Maires du Doubs vent debout contre le décret fixant les règles de confinement pour les commerçants

Anne Vignot Présidente Maire de Grand Besançon Métropole, Marie-Noëlle Biguinet Maire de Montbéliard, Patrick Genre Maire de Pontarlier et Président de l’association des Maires du Doubs et Charles Piquard Président des Maires ruraux du Doubs ont tenu une conférence de presse commune ce samedi 31 octobre.

Pour une équité de traitement entre tous les commerces

Pour les élus du Doubs, la décision du gouvernement d’obliger à la fermeture des rayons « livres » de la FNAC, démontre que le décret pris le 29 octobre peut être évolutif. Au nom de l’équité et de la lutte contre la concurrence déloyale, il n’est pas question de demander la fermeture des grandes surfaces et des plateformes en ligne mais bien à tous “de pouvoir tout simplement travailler, dans le strict respect des mesures sanitaires” a souligné Patrick Genre.

Si Anne Vignot prend acte de ce confinement imposé et nécessaire, “c’est un coup de massue pour les commerçants”. Le commerce indépendant est le cœur et l’âme des centres villes et des centres bourgs. Alors que le gouvernement injecte des milliards d’euros dans le dispositif « Cœur de ville » pour redynamiser le commerce et le logement dans les centres villes, ces milliards seraient perdus si les commerces ferment définitivement.

“Une vraie gifle”

Le Maire de Pontarlier parle au nom de tous les maires du Doubs. “Nous voulons retirer du texte du décret le terme « commerce non-essentiel ». C’est une vraie gifle aux commerçants. Ce qui est non-essentiel doit être partout ou nulle part”.

Pour Marie-Noëlle Biguinet, “je constate un sentiment de révolte très mal vécu par les commerçants de Montbéliard. Je crains une forme de résistance qui ne serait pas forcément pacifique”. De son côté, Charles Piquard s’inquiète de la disparition programmée des petits commerces dans les centres bourgs. La vie des villages, c’est le commerce à côté de chez soi.

L’arme des arrêtés municipaux

Le gouvernement a quelques jours pour réagir. Les maires et leurs représentants l’ont clairement annoncé au Préfet du Doubs ce matin. Si des modifications importantes ne sont pas apportées au décret actuel, la très grande majorité des maires des communes du Doubs prendra sans trembler des arrêtés municipaux autorisant l’ouverture des magasins. “Ces arrêtés, nous le savons, seront sanctionnés par le Préfet et ce sera au juge administratif de trancher” affirme Patrick Genre. L’Association des Maires de France, par la voix de son président François Baroin est sur la même ligne. C’est donc une « fronde »locale qui s’organise au plan national. De son côté la Maire de Besançon Anne Vignot, membre du Bureau de l’Association « France Urbaine » qui regroupe toutes les villes de plus 100 000 habitants précise que les grandes villes françaises seraient sur la même ligne.

Le Doubs est l’un des premiers départements à agir collectivement. Cela démontre la volonté des élus de faire bouger le gouvernement sur un décret, s’il est utile au plan sanitaire, ne doit pas mettre en concurrence déloyale les commerçants, petits et gros, entre eux ; au risque de voir disparaître des milliers de petites entreprises et des dizaines de milliers d’emplois. Il ne faudrait pas que le remède soit pire que le mal !

Il reste le week-end de la Toussaint au gouvernement pour répondre favorablement aux élus locaux. On verra alors si “le couple Maire-Préfet” vanté par le Président de la République…fonctionne !

Yves Quemeneur