Les mots à la place des maux

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Grande bibliothèque de Besançon
Ouverte sur le parc Chamars, la grande bibliothèque communautaire et universitaire verra le jour en 2025 ©RSI Studio

Le Conseil communautaire de Grand Besançon Métropole a voté ce lundi 16 décembre la construction de la Grande Bibliothèque municipale, communautaire et universitaire. Première pierre de la future Cité des savoirs et de l’innovation, elle va  illustrer le renouveau de Besançon pour la prochaine décennie.

A la place de ce qui fut l’un des plus anciens hôpitaux de France, vont fleurir aussi un campus des Humanités, un centre de congrès, une salle de concerts, des logements et hôtels de haute tenue, un village d’entreprises et de start-ups.

137 candidats pour un seul lauréat
Grande bibliothèque de Besançon
La grande bibliothèque sera aussi lieu d’études et de recherches pour les 10 000 étudiants du campus du centre ville ©RSI Studio

Une seule lauréate plutôt. C’est en effet le cabinet parisien Pascale Guédot qui a été retenu en association avec l’agence d’architecture bisontine Amiot-Lombard. La fonctionnalité des lieux et sa parfaite inclusion dans l’environnement urbain ont été des éléments essentiels dans le choix final. La présentation du projet a déclenché de nombreuses réactions, quelques-unes avaient des arrières pensées électoralistes. Pendant deux heures on a parlé réchauffement climatique et climatisation de la bibliothèque, coûts de fonctionnement et amplitudes d’ouverture. Le dépassement du budget initial de 60 millions d’Euros est même évoqué alors que “le premier coup de crayon n’a pas été tracé” s’empresse de répondre Jean-Louis Fousseret.

Si Besançon m’était conté
Grande bibliothèque de Besançon
Au long de l’avenue du 8 mai, la nouvelle grande bibliothèque s’associe aux vieilles pierres de l’aile Saint Bernard ©RSI Studio

Quand Louis XIV a construit le château de Versailles, quand François Mitterand a fait restaurer le musée du Louvre et ses pyramides, il fallait respecter les budgets. Mais qu’il s’agisse de Colbert ou de Jacques Delors les grands argentiers de l’époque, la vision d’une transformation profonde de l’architecture et du patrimoine était le but ultime.

L’hôpital Saint-Jacques et sa cour d’honneur est un joyau du XVIIIème siècle, la bibliothèque municipale de Besançon est la plus ancienne de France ouverte au public depuis 1694. Porte d’entrée de la ville, à quelques centaines de mètres du fabuleux musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, du palais Granvelle et d’un accès « peut-être » facilité à la Citadelle, le pôle Saint-Jacques ne mérite pas les petites querelles de cour de récréation.

Une grande bibliothèque pour une ville rayonnante
Grande bibliothèque de Besançon
L’atrium très ouvert commande les différents lieux de lecture et de recherche ©RSI Studio

Sur plus de 10 000m² couverts dont 6 000m² de médiathèque et près de 4 000m² pour la bibliothèque universitaire, le bâtiment de verre, de laiton, de pierre et de bois largement ouvert sur l’extérieur abritera 660 000 ouvrages (dont 160 000 en accès libre). Les fonds très riches de la bibliothèque de conservation y trouveront un nouvel écrin à leur hauteur.  Au long de l’avenue du 8 mai, faisant face à la promenade Chamars, elle sera le marqueur d’un nouveau quartier mariant l’innovation technologique et le patrimoine ancien. D’une capacité de 1 700 places pour le public, la grande bibliothèque saura accueillir les enfants comme les chercheurs.

La déconstruction débutera en avril 2020 pour une construction du bâtiment en 2022 qui sera inauguré en 2025. Pour un projet dans les cartons depuis plusieurs décennies, on peut attendre encore 5 ans.

D’ici là, il ne faudrait pas qu’une nouvelle équipe municipale et communautaire la joue “petit bras” au nom de telle ou telle idéologie. Le projet de maitrise d’œuvre a été voté à l’unanimité. On aura même noté les félicitations appuyées à Jean-Louis Fousseret pour avoir su porter ce projet difficile, autant de la part de certains de ses anciens amis que des ennemis d’hier.

Yves Quemeneur