Les nouveaux modes alimentaires : décryptages et enjeux.

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Végétarisme et gourmandise font bon ménage.

Végétariens, végétaliens, végans, flexitariens, pesco-végétarien, crudivore, … La façon de s’alimenter est bien évidemment propre à chacun mais alors qu’à l’origine, on se nourrissait pour vivre, désormais, s’alimenter peut s’apparenter à un mode de pensée et répondre à des convictions personnelles et profondes.

65% des français mangent de la viande ou du poisson chaque jour.

L’Homme est omnivore et a besoin de trois familles d’aliments indispensables à sa survie : protéines (ces acides aminées sont les constituants essentiels de notre organisme), les glucides (autrement dit les sucres) et les lipides (ou matières grasses, composées d’acides gras essentiels ou non). Pour certaines personnes, comme Maud B. des Auxons, un repas sans viande lui paraîtrait incomplet. “Ce n’est pas un choix, mais une habitude, confie-t-elle. Je ne me vois pas ne pas en manger.”

Pour Emmanuel Chabeuf, les choses sont bien différentes. Végétarien depuis plusieurs années, il assure être en meilleure forme. Et surtout, il ne se sent plus responsable “de la souffrance animale”, pour reprendre ses termes “Si les abattoirs avaient des murs vitrés, plus personne ne mangerait de viande”, affirme-t-il. Les végétariens ont fait le choix d’exclure de leur alimentation les apports protéiniques d’origine animale. Les besoins en protéines sont comblés par des végétaux riches de ces acides aminés : pois en tout genre, fruits secs, légumineuses, graines de Chia, quinoa, … “Il faut juste penser à se compléter en vitamine B12”, conclut-il. Certains végétariens, toutefois, mangent du poisson. Ce sont les pesco-végétariens.

Les végétaliens vont un peu plus loin dans la démarche en refusant toute nourriture d’origine animale. Alors que les végétariens consomment des produits laitiers, du miel et des œufs, les végétaliens les refusent catégoriquement. Les carences en vitamine D et B12, en fer et en calcium sont les risques principaux de ce régime qui, en revanche, est excellent d’un point de vue cardio-vasculaire. Un suivi médical est donc indispensable pour ne pas souffrir de ce régime restrictif.

Les végans se distinguent des végétaliens en excluant tout produit issu des animaux dans leur alimentation, mais aussi dans leur vie de tous les jours. Le cuir, les fourrures, la soie et la laine par exemple ne sont pas les bienvenus dans leurs armoires. Ils rejettent également tout produit testé sur les animaux, cosmétique et pharmaceutique. Leur démarche peut s’inscrire dans une action de défense des droits des animaux.

Encore plus extrême, et souvent considéré comme « dangereux » se trouvent le régime des crudivores : 100% végétaliens, les crudivores ne consomment rien de cuit. Ils ne se nourrissent que d’aliments crus, fruits et légumes. Des dérives alimentaires qui peuvent conduire à de graves carences, surtout en l’absence de suivi médical. Un régime à ne pas suivre seul, sans l’aide d’un médecin.

Flexitariens : par goût … et par obligation.

Être flexitarien, c’est s’autoriser un repas carné de temps en temps. Pour certains, comme pour Elodie de Saône, c’est un véritable choix de vie qui s’inscrit dans une démarche en vue d’exclure totalement la chair animale de son alimentation. Mais pour d’autres, c’est une obligation, du fait du coût de la viande, trop élevé pour des bourses modestes. C’est ce que déplore cette mère de famille, de Levier :”Je fais en sorte que mes enfants ne manquent de rien et aient toujours quelque chose dans leurs assiettes. Mais parfois, voire souvent, ce sont des repas sans viande. Je traque les bonnes affaires, les dates courtes que je congèle mais malheureusement, je n’en trouve pas toujours et du fait, le repas se fait sans viande ni poisson. Je n’ai pas choisi d’être flexitarienne, je le subis.”