Les origines du marasme

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Déconfinement, deuxième tentative : nouveau pari, nouveau challenge, nouveau chantier.

Objectif : rebâtir un nouveau monde sur les ruines de l’ancien, sans reproduire les mêmes erreurs.

Une situation inédite pour nos décideurs politiques qui ambitieusement, ont choisi de s’attaquer simultanément au très sensible dossier du
séparatisme et des replis communautaristes.

Il va leur falloir ramer, pour que cesse l’inertie du paquebot France, parti à la dérive depuis des dizaines d’années dans les courants contraires au bon sens, s’approchant du dangereux tourbillon de l’obscurantisme.

Il sera encore moins simple de rassembler ce qui est épars : tous ces « camps » qui peu à peu que leurs idées étaient censées progresser,
(et faire progresser) se sont malencontreusement clivés, crispés,
carrément radicalisés pour quelques-uns.

Aujourd’hui, la tendance est aux doctrines « anti-… », qui voient leur influence idéologique encouragée par une bien-pensance libertaire et individualiste, majoritairement relayée (dans quel but ?) par l’ensemble des médias mainstream (appartenant très majoritairement aux plus puissants actionnaires du CAC 40).

Ainsi, les communautés de pensée se sentent pousser des ailes, dictent leurs causes.

Une attitude quasi-fascisante, pourtant très similaire à ceux qu’ils
prétendent combattre…

Trouvez l’erreur. Ou plutôt l’incohérence.

Se distille donc insidieusement une nouvelle posture de négativité,
 préconisation du rejet, qui pollue les mentalités, amplifiée par la caisse de résonance des réseaux sociaux, et freine la bonne marche des choses.

Il est devenu « in » de se montrer belliqueux, véhément, révolté.

Avec à la clé, violence, lynchage, jugement, condamnation, rigidité,
totalitarisme, désir de destruction, de vengeance, de revanche (sur qui ? pourquoi ?). Tant d’attitudes qui condamnent nos redresseurs de tort à
ressasser toujours les mêmes poncifs victimaires.

Ont-ils envisagé qu’au lieu d’appeler à faire sécession avec la majorité silencieuse, œuvrer à d’édification commune de lendemains meilleurs
serait nettement plus profitable ?

Mais pour ce faire, faudrait-il encore accepter d’endosser le rôle de l’autre. Se mettre à sa place. Enfiler sa peau, ses turpitudes, son passé, ses raisons qui le poussent à penser et agir comme il l’entend. Souvent légitimement.

Il faut surtout faire preuve d’un minimum de courage et d’honnêteté
intellectuelle.

Or, beaucoup s’en rendent volontairement incapables…

Voilà où et comment débute le processus de séparatisme.

Par la radicalité, les dogmes, cette certitude absolue et irréversible de détenir « la vérité », (qui pourtant se révèle multiple, suivant la place que l’on occupe pour l’observer et la percevoir).

Du coup, ces ridicules gesticulations revendicatives se métamorphosent en bâton tendu pour se faire caricaturer…

Fort heureusement, c’est à partir du rien qu’est né le tout.

Nous voici donc à l’aube d’une providentielle opportunité, d’une nouvelle ère existentielle.

Avec en notre possession l’antidote à la bêtise humaine, qui se répandra naturellement dans les âmes et les esprits, à la lumière du principe de
réalité, si chacun daigne y contribuer.

Alors nous guérirons et retrouverons l’harmonie des destinées complémentaires qui s’entrecroisent, s’épousent, puis se transcendent.

S’aimer juste pour ce que nous sommes. Ni plus, ni moins.

Ne plus chercher à gommer les différences, les divergences, les évidences, mais réapprendre à les apprivoiser. En somme, faire avec ce que l’on est.

Voilà le grand défi qui nous attend…

Cyril Kempfer