« Les oubliés » des campagnes électorales

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Maryline Jeannier Présidente de l'association "Droits Devant 25", Romaric Vieille responsable de l'accompagnement de l'association à l'ADAPEI et Franck Aigubelle directeur général de l'ADAPEI du Doubs ©YQ

Créée en 2020 par et pour les « déficients intellectuels », l’association « Droits Devant 25 » représente toutes les personnes qui ont des problèmes d’accessibilité, celles qui passent trop souvent sous les radars des services sociaux.

Avec le soutien de l’ADAPEI du Doubs, le but de l’association est d’inciter les handicapés intellectuels à exercer leur droit de vote dans de bonnes conditions. Jeune association, elle regroupe 80 adhérents sur le département et est présidée par Maryline Jeannier, elle-même déficiente intellectuelle.

La déficience intellectuelle n’est pas le handicap mental

Dans la grande majorité des cas, ce ne sont pas des « malades mentaux », plutôt des personnes qui ont des difficultés à comprendre, à lire ou à compter. On les croise ainsi sans les voir à la caisse d’un supermarché ayant des difficultés à payer leur facture en espèces. Eh oui, souvent sous tutelle ou curatelle simple, les « déficients intellectuels » peuvent bénéficier d’un carte bancaire mais uniquement pour les retraits en liquide. « Nous n’avons accès à rien » souligne Maryline Jeannier, mère de famille de trois enfants.

En France, on compte environ 3,5 millions de personnes concernées dont 2,5 millions d’adultes. Seules 850 000 sont reconnues comme handicapées intellectuelles. Dans le département du Doubs, on recense 3 600 déficients intellectuels dont 1 800 sur le territoire du Grand Besançon.

Campagne électorale oblige,certains élus les écoutent

L’association « Droits Devant 25 » a rencontré Patrick Ayache, le maire de Pirey et vice-président sortant du Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté. Il a pris le temps d’expliquer le rôle du conseil régional, ses missions. Odile Faivre-Petitjean et Alain Loriguet comme Marie-Laure Dalphin et Serge Rutkowski, binômes candidats au conseil départemental du Doubs, ont évoqué avec l’association l’importance du département dans l’accompagnement des personnes handicapées.

« Rencontrons-nous dès votre élection »

C’est le message de l’association aux futurs élus pour accompagner les « déficients intellectuels » dans tous les actes de la vie courante par la mise en place du « S3A » dans tous les lieux publics : Accessibilité, Accueil et Accompagnement. Ils souhaitent également que les élus prennent en compte le « FALC » ou Facile A Lire et à Comprendre pour les documents administratifs.  Maryline Jeannier a pris l’exemple des attestations de sortie du domicile lors du premier confinement : totalement absurde pour des personnes ayant des difficultés de lecture ou de simple compréhension.

Au-delà des solutions pratiques de la vie quotidienne, ces personnes « invisibles » souffrent du manque de reconnaissance. Pour beaucoup, elles travaillent dans le monde « normal » ou dans les ESAT (Etablissements et Services d’Aide par le Travail).

Si vous les croisez dans la rue, à la caisse d’un supermarché ou dans un service public, vous ne les identifierez pas comme handicapés. Leur différence est cachée mais bien réelle !

L’association « Droits Devant 25″ est fortement soutenue par l’ADAPEI du Doubs qui accompagne 3 600 personnes handicapées mentales, polyhandicapées, autistes… grâce à un réseau structuré de 2 000 professionnels. L’ADAPEI est un acteur important de l’économie sociale et solidaire, lieu d’inclusion sociale pour tous ceux qui sont exclus. Les « déficients intellectuels » en font partie.

Yves Quemeneur