Les plaisirs de saison

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21 juin, dernière ligne droite. Encore une dizaine de jours. Une petite quinzaine tout au plus, puis nous basculerons dans l’après.

Les vacances scolaires, l’insouciance, l’évaporation des contraintes.

Finis les couvre-feux, les réveils à 7 heures qui piquent, cette existence en demi-teinte, trop prévisible, morne, linéaire, fataliste, quasi-misérable, à laquelle il faut se conformer, se résoudre, cinq jours sur sept (au moins), en allant prendre sa place dans le trafic et nourrir ce satané système consumériste qui nous abîme.

Exit, cet endormissement aussi sournois que progressif qui nous étouffait jusqu’alors et annihilait toute velléité de révolte, via cette souffrante et isolante solitude.

Le cauchemar va se terminer.

Ces insuffisants quotidiens vont s’effacer pour laisser place à davantage de quiétude, de liberté, d’imprévus, d’exaltation. Enfin !

Une parenthèse enchantée va s’ouvrir. Comme une autorisation de déraisonner.

Nous ne regretterons plus d’avoir osé déroger, jusqu’à nous en étourdir. Au contraire, nous en serons heureux. Même le lendemain matin…

Entre championnat d’Europe de football et Tour de France, du bleu azur s’annonce à l’horizon.

Météo des plages, ciel sans nuage, océan limpide, chant des sirènes, simples plaisirs de saison. L’Amour. Mais quand ? Jusqu’à quand ? Où et comment ?

Enveloppé d’une nécessaire incertitude, le mystère de notre futur demeure et c’est tant mieux.

Alors puisque nous n’aurons la réponse qu’à la fin, en attendant l’issue (fatale), laissons-nous la chance, donnons-nous les moyens, de s’ancrer dans le présent, de vivre pleinement, seulement ce que nous souhaitons, ici et maintenant. Partout et tout le temps.

Avec l’été, se réapproprier nos idéaux. Vraiment, il était temps…

Cyril Kempfer