Les prescriptions des maires ruraux

54
Plus de 400 maires du Doubs adhérent à l'association.

Réunis en assemblée générale, ces élus de petites communes ont évoqué l’évolution de l’exercice du mandat de maire et débattu de la question de la couverture médicale des campagnes.

L’association des maires ruraux de France (AMRF) porte la voix des communes ancrées sur les territoires ruraux pour défendre leurs enjeux spécifiques. Forte de son militantisme et de sa représentativité, l’AMRF est aujourd’hui l’interlocutrice incontournable des communes rurales auprès des pouvoirs publics et des grands opérateurs nationaux. Dans le département du Doubs, l’association présidée par le maire de Belmont Daniel Cassard est très active avec plus de 400 adhérentes et participe au quotidien à la vie locale pour défendre et promouvoir les enjeux spécifiques de la ruralité. Elle participe au débat public en formulant des propositions et en réalisant des interventions. Elle produit des manifestes et publie des rapports et des contributions lors des discussions parlementaires comme par exemple sur les déserts médicaux, un sujet retenu par l’association du Doubs lors de sa récente assemblée générale.

Fiscalité locale, rôle des communes dans la réorganisation des collectivités territoriales, suppression des contrats aidés et de la taxe d’habitation, difficultés d’accueil des gens du voyage… depuis des mois et même des années, les maires ruraux se posent bien des questions. A tel point que beaucoup se posent la question du renouvellement de leur mandat l’an prochain dans une période où, tout en se sentant de moins en moins utiles, ils sont placés en première ligne face aux revendications qui émergent dans la société. Paradoxal et surtout démotivant. En tout état de cause, parmi les inquiétudes de leurs administrés, la question des déserts médicaux revient très souvent et, même s’ils n’ont pas attendu ces doléances pour se saisir du sujet, les élus ont bel et bien devant eux un sujet majeur. Certes de nombreuses maisons de santé pluridisciplinaires ont été construites ici où là mais il est souvent bien difficile de trouver des médecins pour y travailler car comme l’a souligné le Professeur Guy Vallencien, spécialiste de la question, il faut prendre en compte des évolutions comme la féminisation de la profession ou le refus des jeunes de travailler comme leurs ainés… Quant au Numérus Clausus, une réforme n’entrainera selon lui aucune amélioration avant une dizaine d’années. Il a donc appelé les élus à innover et à expérimenter en se mettant autour de la table avec les professionnels concernés localement. Il a également évoqué des pratiques nouvelles ici ou à en Europe, parler de l’utilisation des hélicoptères pour les urgences et des nouvelles missions qui pourraient incomber aux infirmiers, aides-soignants et pharmaciens pour soulager les médecins généralistes.