Les règles du jeu

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Depuis quelques semaines, que la campagne des élections municipales débute réellement, jamais je n’ai eu autant d’amis, autant de sollicitations, de gens qui soudainement s’intéressent à mes loisirs, à mes enfants, ou se soucient de ma santé (tout va bien, merci !), alors que parmi ceux-ci, beaucoup ne répondaient même pas à mes SMS, il y a un environ an…

Un constat assez amusant qui vient malheureusement illustrer, avec flagrance, toute l’hypocrisie de la démarche purement intéressée que peuvent entretenir certains individus avec « la presse », juste pour bien « se placer ». Au cas où, on ne sait jamais…

Aussi, voudrais-je profiter de cet espace qui m’est confié chaque semaine, et que je sais suivi avec assiduité par plusieurs dizaines de milliers de lecteurs, pour réexpliquer aux différents acteurs politiques, ou à ceux qui ambitionnent de le devenir, les règles du jeu en matière de fonctionnement avec les médias écrits.

D’abord, félicitons-nous d’avoir encore une presse libre dans notre pays. Ce qui n’est pas le cas partout, loin s’en faut. On voit d’ailleurs à quoi mène généralement le totalitarisme. Mais ça, c’est un autre sujet…

Ainsi, il me semble important de réaffirmer ici que celui (ou celle) qui m’imposera ce que j’ai à penser ou à écrire n’est pas encore né(e). Ce qui n’empêche pas (à l’inverse de certains individus radicaux qui catégorisent, rejettent voire invectivent lorsque l’on pense différemment d’eux) que lorsque survient un litige, j’écoute attentivement les arguments de mon interlocuteur et que je respecte sa différence. Tout en lui rappelant, si besoin, que d’autres convictions idéologiques peuvent exister. Puis, je tâche, en me mettant à la place de « l’autre », de comprendre pourquoi. Alors, généralement, ce processus empathique nous fait grandir et nous rapproche…

Je sais bien que la “concurrence” fait rage, qu’il y a les réseaux sociaux et que c’est actuellement la course à l’échalote car il est important de se montrer dans la dernière ligne droite…

Mais croyez-vous vraiment que l’électeur (le lecteur) soit réellement dupe à ce point ?

Croyez-vous que même dans votre entourage, personne n’ait remarqué que l’année dernière, on ne vous voyait ni aux célébrations de l’armistice du 11 novembre, ni au match de foot ou de rugby, ni au concert ou au théâtre ?

Arrêtez donc de vous mentir à vous-même, avant de reprocher à la presse de « rouler pour l’adversaire »…

« Si une personne de gauche te dit que tu es de droite, et qu’en même temps, une personne de droite pense que tu es de gauche, c’est que tu es un bon et vrai journaliste » m’a enseigné mon mentor il y maintenant plus de 20 ans.

Puisque cela semble être aujourd’hui le cas, je tiens à le remercier de ce précieux conseil, et espère ainsi à ce titre, déranger encore longtemps tous les représentants de
l’establishment. 

Ce qui sera toujours préférable à l’indifférence qui les effraie tant…

Cyril Kempfer