Les savoir-faire horlogers et de mécanique d’art inscrits à l’UNESCO

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Les savoir-faire horlogers au patrimoine mondial de l'UNESCO - photo Jean-Charles Sexe

Ce 16 décembre 2020, le comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine immatériel a décidé d’inscrire les savoir-faire en mécanique horlogère et mécanique d’art. Cette inscription est considérée comme exemplaire par l’UNESCO pour la sensibilisation à l’importance du patrimoine culturel immatériel dans un espace transfrontalier.

Portée par la Suisse en collaboration avec la France, la candidature soumise à l’UNESCO en mars 2019, a impliqué des artisans, des formateurs, des musées, pilotés par l’Office fédéral de la culture, Grand Besançon Métropole, le Pôle territorial du pays horloger et le département du Doubs.

C’est donc tout l’arc jurassien qui est récompensé au travers de cette reconnaissance internationale. C’est aussi l’image associée des sciences, des arts et de la technique qui donne un nouvel éclairage à l’horlogerie frontalière qui va de Genève à Schaffhouse, de Bienne à Besançon sans oublier la fabrication d’automates et de boîtes à musique réputée à Sainte Croix.

Dans cet espace franco-suisse, une grande diversité d’entreprises, d’artisans, d’artistes, d’écoles de formation, de musées et d’associations valorisent et transmettent ces techniques manuelles traditionnelles et très innovantes.

La réalité sociale des territoires franco-suisses s’est construite depuis plus de deux siècles autour de l’horlogerie et des micromécaniques. L’ARC HORLOGER, mis en œuvre dans le projet Interreg France-Suisse, va permettre de mettre en valeur cette inscription et de pérenniser la coopération transfrontalière horlogère.

Les savoir-faire en mécanique horlogère en Franche-Comté

L’activité horlogère se perpétue à Besançon et dans le Pays horloger depuis plus de deux siècles, marquant aussi bien l’architecture que l’activité économique, l’enseignement et la recherche qui singularisent aujourd’hui encore le territoire. Le Musée du Temps présente des collections d’une richesse remarquable, l’Observatoire de Besançon est aujourd’hui encore l’un des trois établissements dans le monde à homologuer les mouvements. Cette certification est reconnaissable depuis 1897 par la gravure du célèbre poinçon de la vipère.

L’horlogerie franc-comtoise concentre 80 % de la filière française. Une cinquantaine d’entreprises sont liées à l’horlogerie sur le territoire du Grand Besançon et on en compte une quinzaine dans le Haut-Doubs souvent spécialisées dans la montre mécanique. Parallèlement, la filière du luxe est caractéristique de la région particulièrement dans la maroquinerie.

Sur l’ensemble de l’arc jurassien, 17 centres de formation attirent de plus en plus de jeunes talents sensibles au design et à l’esthétique.

“Soyons dignes et fiers de cette reconnaissance mondiale” a souligné Anne Vignot Présidente de Grand Besançon Métropole. “200 contributeurs ont œuvré depuis deux ans pour obtenir cette inscription. La frontière n’existe plus, c’est de l’aventure humaine qui va faire connaître notre histoire commune dans le monde entier”. Anne Vignot (est-ce un oubli ?) n’a pas cru utile d’associer Jean-Louis Fousseret à cette reconnaissance de l’UNESCO dont il fut un actif défenseur.

“L’inscription des savoir-faire horlogers à l’UNESCO est un pied de nez au virus qui galope encore des deux côtés de la frontière” a ajouté Denis Leroux, élu du Pays Horloger et vice-président du conseil départemental du Doubs.

Dans la reconnaissance de ce trait d’union historique entre la Suisse, le Pays Horloger et Besançon, (on se souvient de Laurent Mégevand né à Genève au XVIIIème siècle qui fut à l’origine de l’essor de l’horlogerie à Besançon et en Franche-Comté) il manque la mobilité. Besançon et sa gare TGV est une porte d’entrée du monde vers le Haut-Doubs et les cantons suisses frontaliers ; il serait dommageable que son accès en soit réduit par l’abandon de la construction de 2 kilomètres de la RN 57 pour fluidifier le trafic avec les plateaux et la Suisse. Et comme l’a justement conclu Philippe Lebru le talentueux patron d’UTINAM “De chaque côté de notre montagne, nous avons une position mondiale, nous sommes à la même altitude, nous avons le même climat et la même culture…c’est beaucoup d’opportunités pour l’avenir”.

“Ça se goupille bien” comme on dit derrière les établis !

Yves Quemeneur