Les seniors au volant

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Continuer à conduire est un gage d'autonomie pour les personnes âgées.

Le centre communal d’action social de Morteau propose aux retraités de la ville quatre séances de révision du code de la route en mai. L’occasion de revoir les nouvelles signalisations et de garder confiance en soi.

 

En l’espace d’un demi-siècle, plus de 170 nouveaux panneaux ont fait leur apparition sur les routes. Et que dire de l’évolution des voitures avec désormais ordinateur de bord et conduite assistée… Deux premiers paramètres auquel s’ajoute un trafic routier de plus en plus important et qui a donc fortement bousculé les habitudes de celles et ceux qui ont passé leur permis à cette époque.

La conduite automobile est complexe car elle nécessité des réactions simultanées rapides, un partage de son attention entre visualisation du trafic, placement du véhicule et obstacles, un choix régulier du bon itinéraire…Or lors du vieillissement physiologique, on constate une baisse significative de l’aptitude à la conduite surtout après 70-75 ans estiment les spécialistes. Il s’agit en premier lieu de difficultés liées à une baisse d’acuité visuelle, d’une forte sensibilité à l’éblouissement.  Puis, après 75 ans survient une nette augmentation des temps de réaction, de la capacité attentionnelle et des réactions face à plusieurs tâches simultanées. La coordination est moins précise et moins rapide. Globalement avec l’âge, le conducteur est moins enclin à prendre des risques au volant. Il modifie aussi ses habitudes de conduite en évitant la conduite de nuit, les heures de trafics chargés, les voies rapides et en réduisant les parcours. L’aptitude à la conduite est donc au final la donnée la plus importante. Elle correspond aux capacités physiques et mentales nécessaire pour la conduite. Trois grands domaines sont importants : les capacités sensorielles permettant une bonne perception de l’environnement (acuité visuelle et auditive,), les capacités cognitives (attention et l’orientation dans le temps et l’espace, mémorisation, jugement et prise de décision…) et les capacités motrices (force musculaire, vitesse d’exécution et coordination des mouvements).

Les conducteurs âgés ont donc certes peu d’accidents selon les études menées mais rapporté aux kilomètres parcourus, le risque est élevé. D’où la nécessité de telles actions pour réviser les fondamentaux et aussi redonner confiance à ces conducteurs expérimentés mais vulnérables.