Les transporteurs routiers “vent debout” contre l’arrêté d’Anne Vignot

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Ils n’ont pas tardé à répliquer à la Maire de Besançon qui souhaite interdire la circulation des poids lourds sur la RN 57 dans la traversée de l’agglomération.

“Mépris, amateurisme ou coup de com”

Dans un communiqué publié ce mercredi 23 juin, la FNTR Bourgogne Franche-Comté, principale organisation professionnelle des transporteurs “alerte sur les conséquences économiques de la décision de la maire de Besançon et sur son irrecevabilité”.

Sur la forme, les transporteurs sont mis devant le fait accompli sans aucune information ni concertation préalable. La FNTR rappelle qu’elle a rencontré et échangé dès le mois de mars dernier avec l’association « N 83 Bonne Route » pour travailler avec les communes et les habitants riverains de la RN 83 à des solutions alternatives. “C’est avec stupéfaction que nous nous retrouvons piégés par un tel fonctionnement”.

Sur le fond, les transporteurs relèvent deux problèmes majeurs posés par cet arrêté. “Il constitue sur le principe, une grave entrave à la liberté de circuler venant de notre droit républicain”. Face à l’absence d’une alternative respectable cet arrêté “revêt un caractère discriminatoire en provoquant une distorsion de concurrence entre transporteurs au sein même du territoire de Franche Comté”.

Les entreprises de transports francs comtoises relèvent également le préjudice économique inacceptable pour certaines entreprises, particulièrement celles travaillant avec la filière automobile et industrielle directement impactées par cette mesure. La FNTR s’interroge également sur l’effectivité des contrôles créant plus de gênes à la circulation et donc aux riverains.

Les transporteurs s’étonnent enfin “d’un arrêté qui ne respecte pas le Code général des Collectivités territoriales dans le plus grand autoritarisme”. Si la gêne de la population est réelle, la FNTR souligne “la fonction d’utilité publique du transport routier de marchandises, livrant en temps et en heure magasins et entreprises, y compris dans les territoires d’accès difficiles. 89% des marchandises transportées le sont à moins de 150 kilomètres, c’est donc l’économie locale qui va être impactée par ces détours”.

En conclusion de son communiqué, la FNTR “estime que les transporteurs méritent également l’attention des élus et plutôt que de vouloir stigmatiser un secteur d’activité, sang de l’économie du pays, il serait plus judicieux de l’associer en amont, histoire de bon sens”.

Yves Quemeneur