Les Vaîtes : le jardin de la discorde

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Anne Vignot, Maire de Besançon au cours du point-presse sur "les Vaites" le jeudi 23 juillet ©YQ

Lettre ouverte du collectif, conférence de presse de l’association “les jardins des Vaites” et point-presse de la Maire de Besançon : le sparadrap de l’éco-quartier risque de coller durablement aux doigts d’Anne Vignot.

Dans son point-presse de ce jeudi 23 juillet, la Maire de Besançon se dit toujours prête et ouverte  à la discussion. C’est dans ce cadre qu’elle a reçue Claire Arnoux et Marie-Hélène Parreaux co-présidentes de l’association “les jardins des Vaites”. Elle répondra également favorablement à la demande de FNE 25-90 (France Nature Environnement). Par contre, elle refuse de discuter avec le collectif qui occupe le site et a installé la vigie. Dans une lettre ouverte à la Maire, ce collectif ne veut pas de porte-parole et se réfère uniquement à des “assemblées générales quotidiennes” ; il refuse le préalable de la déconstruction de la vigie sur le terrain propriété de Territoire 25.

Un peu de clarté dans cette affaire nébuleuse

Aux questions posées par l’association dirigée par l’ancienne candidate France Insoumise à la Mairie de Besançon, Anne Vignot a apporté des éléments de réponse assez clairs.

En premier lieu, la Maire s’engage à suspendre les travaux de construction dans le quartier des Vaites tant que le GIEC (instance locale de scientifiques et d’experts) et un collectif de citoyens volontaires n’auront pas rendu un avis.

Qui seront ces scientifiques et ces experts, seront-ils libres de leurs propositions vis-à-vis de la Ville ? Oui, répond Anne Vignot, précisant toutefois que la méthode de désignation des membres n’est pas totalement calée. “Je ne veux pas d’une usine à gaz et je souhaite que ces groupes de travail agissent sur les questions globales de l’urbanisme de la ville de demain”. Ce sera une forme souple de prise de décisions mais en aucun cas, une association partie prenante d’un litige ne pourra y siéger (une pierre dans le jardin de l’association de Claire Arnoux).

Anne Vignot a ensuite demandé aux “Jardins des Vaites” si l’association se conformerait à la décision du GIEC local. Si celui-ci prenait une décision d’arrêt des travaux, la Mairie en prendra acte. A l’inverse, l’association refusera de se soumettre à une décision d’experts. Dans ces conditions, et à juste titre, la Maire constate le refus du dialogue et de l’ouverture.

Enfin, le site est occupé illégalement et met en péril la santé de ses occupants. La Ville a donc un droit de police qu’elle entend exercer par un arrêté. Cet arrêté demandera, y compris par la force, la destruction de la vigie et le respect des gestes barrières par les manifestants. La Maire n’évoque pas d’arrêté d’expulsion. Anne Vignot reste toutefois très prudente sur la date de prise d’effet de cet arrêté municipal.

Se posera ensuite la question du financement et d’éventuels dédommagements pour les promoteurs et les aménageurs. Face à une question “vilement financière”, les occupants du site parlent de “désobéissance civile”. Encore faudrait-il qu’ils parlent d’une seule voix !

Yves Quemeneur