Levier ou le poison de la rumeur

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Le général Stéphane Gauffeny, patron de la gendarmerie de Franche-Comté et Etienne Manteaux, Procureur de la République de Besançon, ont mis un terme définitif à une rumeur d'enlèvement d'enfants à Levier ©YQ

Fin de la récréation pour trois enfants de l’école de Levier (25). La rumeur d’une tentative d’enlèvement d’enfants s’est vite dégonflé grâce…à des caméras de vidéo-protection.

“Il n’y a pas eu de tentative d’enlèvement à Levier” affirme le Procureur de la République. Que les habitants de Levier ne s’inquiètent pas pour leurs enfants.

Retour sur une bande dessinée par des enfants

Le lundi 7 septembre, 2 enfants de 9 ans de l’école de Levier reviennent en classe après la pause méridienne. Ils rentrent, disent-ils, effrayés d’avoir été abordés par un individu âgé à bord d’un 4×4 Mercedes blanc qui leur aurait dit “Montez dans la voiture”. Les parents, prévenus par l’école, s’empressent de porter plainte à la gendarmerie. Le jeudi de la même semaine, un enfant de 12 ans rentre chez lui à vélo. Il est, selon ses dires, abordé par un homme âgé à bord d’un 4×4 Mercedes de couleur claire qui freine brusquement à sa hauteur. Il roule précipitamment jusque chez lui et les parents portent plainte à leur tour.

La vidéo-protection c’est bien utile

Le Général de gendarmerie Stéphane Gauffeny, patron des gendarmes de Franche-Comté raconte l’épilogue d’une triste affaire. Deux caméras de vidéo-protection sont installées à Levier, une commune de 2 000 habitants. Leur visionnage va permettre de confondre rapidement les trois enfants. Entendus à nouveau par les gendarmes, ils vont avouer avoir inventés toute cette affaire. Le général Gauffeny précise toutefois que la machine judiciaire avait été mise en branle. Un habitant de Levier âgé de 68 ans, propriétaire d’un 4×4 Mercedes, a été auditionné par les gendarmes et une perquisition diligentée chez lui. Il a bien entendu été totalement disculpé.

Si on peut comprendre l’inquiétude des parents et de la communauté éducative, l’escalade de la rumeur aurait pu avoir des conséquences plus graves selon le Procureur de la République. La rumeur est un poison qui se diffuse rapidement et peut causer les pires conséquences pour les personnes mises en cause à tort. Et c’est bien la présence des deux caméras de vidéo-protection qui ont permis d’élucider cette non-affaire aussi rapidement, a rappelé Etienne Manteaux. Les enfants ne seront pas poursuivis pour dénonciation mensongère ; il faut espérer que leur rencontre avec les gendarmes ne leur donneront plus l’envie de recommencer.

Yves Quemeneur