L’horlogerie suisse évolue

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Ce n'est pas la première crise que traverse le secteur qui s'est toujours relevé.

Les économistes sont inquiets en constatant cette évolution qui fragilise tout le tissu industriel de la sous-traitance horlogère et donc l’emploi.

En valeur absolue les exportations horlogères suisses se portent bien. Elles sont stables voire même en légère augmentation. Il faut toutefois savoir que 75% de la valeur totale produite sont générés par 10% des montres ventes. Autrement dit, le luxe cache un peu la forêt donc cette croissance masque en fait une toute autre réalité.

Les horlogers suisses ne vont en effet exporter qu’un peu plus de 20 millions de montres cette année. Un recul très net de 3,4 millions de pièces en moins par rapport à 2018. Ces cinq dernières années, les horlogers suisses ont même vendu près de 8,5 millions de montres en moins. Première marque touchée, Swatch, dont les volumes sont loin de ceux d’il y a 30 ans avec près de trois fois moins de montres vendues.

Alors certes l’horlogerie a su résister aux fluctuations monétaires, à l’arrivée des montres connectées ou encore au fait que les jeunes portent de moins en moins de montres, mais là on va bien au-delà de la simple crise conjoncturelle.   D’autres paramètres inquiètent aussi comme la nouvelle réglementation du Swiss made, mais aussi le franc fort et l’augmentation du prix des composants horlogers. Tout cela a poussé de nombreuses marques à se repositionner vers des montres plus haut de gamme. Donc une stratégie synonyme de baisse des volumes. Or, au final, les économistes soulignent que réseau de sous-traitants n’a un avenir en Suisse que si on l’alimente en produisant en nombre.