Lutter contre les discriminations en traversant la rue

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Pour marquer la volonté de la mairie de Besançon de lutter plus efficacement contre les discriminations à caractère sexuel, Anne Vignot marque d’arcs en ciel les passages piétons de Besançon : une idée originale !

Petit rappel sur l’acronyme LGBTQI+

Les minorités, trop longtemps invisibles ou stigmatisées, ont dorénavant leur place dans la capitale comtoise. Depuis les années 90, le sigle LGBT inclut les personnes « lesbiennes » (L), « gay » (G), « bisexuelles » (B) et « trans » (T). Au fil du temps se sont ajoutées d’autres orientations sexuelles comme les « queer » (Q) personnes ne se reconnaissant pas dans les identités hétérosexuelles et cisgenres.

Plus récemment, la lettre I pour « intersexes » s’est ajoutée à l’aconyme initial. On parle de personnes nées avec des organes génitaux ni masculins, ni féminins. Etre « intersexe » concerne donc des caractères biologiques et non des orientations sexuelles ni des identités de genre. En quoi les quelques 200 enfants qui naissent en France chaque année avec cette différence biologique peuvent ils être assimilés à des pratiques sexuelles. Selon les associations, la discrimination réside dans le non-consentement d’un enfant (souvent un bébé) que les parents vont faire opérer pour devenir « garçon » ou « fille ».

Enfin, le signe « + » définit une cinquantaine d’autres discriminations sexuelles souvent traumatisantes pour les victimes.

Si l’idée de l’arc en ciel sur les passages piétons peut avoir pour effet de limiter les discriminations, alors c’est bien. Il ne faut pas pour autant que les « minorités invisibles » devenues « visibles » imposent leurs propres codes. Les libertés individuelles des uns ne doivent pas s’imposer aux autres !

Yves Quemeneur

 

 

 

 

« Pas qu’une simple opération dont l’enfant ne se souviendra plus » 

 

Or, trop souvent, ces opérations sont lourdes, invasives et traumatisantes, d’autant qu’elles peuvent s’avérer multiples et être de nouveau pratiquées à l’apparition de la puberté.  Pratiques médicales dénoncées depuis plusieurs décennies par les associations intersexes.

« C’est une décision loin d’être anodine. Le fait d’opérer un enfant à sa naissance nie la nécessité de demander son consentement, et les parents ne sont pas toujours armés pour prendre la meilleure décision ou s’en remettent souvent à l’avis des médecins. Couper un clitoris dès la naissance correspond-il vraiment à un caractère d’urgence ? », déplore Loé.

Vendredi 26 juin, la Fondation Jean Jaurès a publié un rapport dans lequel elle dénonce les interventions chirurgicales « précoces », pratiquées « sans consentement libre et éclairé » et « sans nécessité vitale » sur des enfants intersexes en France.

« L’absence de sanctions réelles, le défaut de réparation pour les victimes ainsi que la difficulté pour beaucoup d’entre elles d’accéder à leur dossier médical sont autant d’indices que le sujet est encore tabou », déplorent les autrices du rapport.