Masques en rades et Mascarade

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La semaine dernière, furetant sur les chaines en boucles pour rester cramponné au fil de l’actualité j’ai eu la surprise de constater que CNews, LCI, BFMTV et France Info proposaient toutes, à la même heure et pour de longs quarts d’heure, un plateau garni de nos experts inamovibles sur un thème unique : « avec le masque : en fait-on trop ou pas
assez ?
 ». Les importuns qui auraient pu argumenter qu’on faisait -ma foi- de son mieux n’avaient, par prudence, pas été invités à ce débat récurrent. Il ne s’agit pas de tuer dans l’œuf une polémique qui rapporte gros en heures d’antenne et donc (il ne faut pas se le masquer) en retombées publicitaires.

L’origine du masque ne doit pas être recherchée en Chine. Cet attribut parfois gracieux, souvent grimacieux, nous vient des italiens et de leurs ancêtres.

La mascarade, depuis 1554 et bien avant l’invention de la Coupe d’Europe et des Champs Élysées, désignait chez eux un défilé de personnes
déguisées et masquées.

Le masque, cette éclipse partielle de visage, nous occulte la figure au sens bien propre comme au sens figuré. Un tel camouflage pourrait paraître un fard porté comme un fardeau, mais on nous prie d’avoir la foi dans cet habit qui ne fait pas le moine. Nous voilà tapissés de neuf : c’est la ouate que je préfère.

Mon encyclopédie me dit qu’au figuré, la mascarade désigne « un comportement hypocrite, une situation dérisoire, une mise en scène fallacieuse, un simulacre ou une parodie dans le domaine social, politique ou juridique ».

Manquerait plus que ça !

On nous masque l’essentiel : il nous faut le supporter ! Supporter ou simple sympathisant.